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Réglementation · Transport sanitaire

Géolocalisation certifiée ambulance : obligations 2026

Géolocalisation certifiée ambulance : obligation au plus tard le 1er janvier 2027, tarif majoré, niveaux de certification, cadre CNIL et mise en conformité.

Équipe SanteMobilePublié le Mis à jour le 19 min de lecture
Géolocalisation certifiée ambulance : trace GPS horodatée d'un transport sanitaire et tarifs conventionnels majorés
Sommaire, 10 parties

La géolocalisation certifiée ambulance devient une obligation légale. L'article 27 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 (nouvel onglet) modifie l'article L. 322-5-3 du code de la sécurité sociale et impose aux entreprises de transport sanitaire conventionnées d'équiper l'ensemble de leurs véhicules d'un dispositif de géolocalisation certifié par l'assurance maladie, à une date fixée par décret et au plus tard le 1er janvier 2027. En attendant ce décret, la certification n'est pas obligatoire : elle est incitée par le tarif, avec un forfait de départ ambulance abaissé de 20,5 % pour les entreprises non certifiées depuis le 1er octobre 2025.

Autrement dit, l'attentisme coûte déjà de l'argent, et il en coûtera davantage. Ce guide fait le tour de ce qui est acquis, de ce qui reste suspendu à un décret, du niveau de certification à exiger d'un fournisseur, et des obligations que la CNIL fait peser sur l'employeur dès qu'il allume un traceur dans ses véhicules. Précisons d'emblée où se situe SanteMobile : nous ne fournissons pas de dispositif certifié, et la géolocalisation certifiée figure sur notre feuille de route, sans date annoncée. Aujourd'hui, le suivi des courses et un export au format CSV/XLSX remontent de l'application terrain jusqu'au dashboard sans ressaisie, et, pendant chaque course, de « En route » à la dépose, l'app de l'équipage partage la position du téléphone avec le régulateur et le patient. Ce suivi ne remplace pas la géolocalisation certifiée exigée par l'Assurance Maladie.

Qu'est-ce que la géolocalisation certifiée ambulance et pourquoi est-elle obligatoire ?

Définition : bien plus qu'un simple GPS

Un GPS standard, comme celui d'un smartphone personnel ou d'un boîtier grand public, indique où se trouve un véhicule à un instant T. Une géolocalisation certifiée ambulance produit autre chose : un flux de données rattaché à des missions identifiées, dont l'Assurance Maladie a certifié la qualité, et qui ouvre à ce titre un droit tarifaire.

Concrètement, une solution destinée au transport sanitaire enregistre :

  • Le début et la fin exacts de chaque mission
  • L'itinéraire complet avec horodatage continu
  • Le kilométrage réel parcouru, distinct du kilométrage estimé
  • L'association véhicule, équipage et mission
  • Les éventuels arrêts, détours et temps d'attente

Ce qui le distingue d'un tracking de flotte, ce n'est donc pas la précision de la position, c'est le fait que le flux soit certifié, à un niveau donné, par l'organisme qui paie.

Le cadre réglementaire : trois textes, trois rôles

Beaucoup de contenus attribuent l'obligation de géolocalisation à l'avenant 8 à la convention nationale. C'est faux, et il vaut la peine de le corriger avant d'aller plus loin : l'avenant 8 a été signé le 20 mars 2017 et publié le 20 juillet 2017, et son objet est la tarification des ambulances en fin de garde. Il n'a jamais créé d'obligation d'équipement.

Trois textes, et trois seulement, structurent le sujet. Pour resituer chacun dans l'architecture conventionnelle, notre guide de la convention nationale des transporteurs sanitaires explique quel texte impose quoi.

TexteDateCe qu'il fait
Avenant 11 (nouvel onglet)Signé le 13 avril 2022, publié le 6 mai 2023Crée la tarification majorée pour les véhicules géolocalisés certifiés
Protocole d'accord, arrêté du 29 septembre 2025 (nouvel onglet)Applicable depuis le 1er octobre 2025Abaisse les tarifs socles des entreprises non certifiées et fixe le seuil de niveau 3 au 1er juillet 2027
Loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, art. 27 (nouvel onglet)En vigueur à une date fixée par décret, au plus tard le 1er janvier 2027Rend l'équipement obligatoire, via l'article L. 322-5-3 du code de la sécurité sociale

La mécanique se lit de haut en bas. L'avenant 11 a ouvert une prime : les véhicules géolocalisés certifiés donnent droit à des tarifs majorés. Le protocole d'accord de septembre 2025 a transformé cette prime en écart, en abaissant les tarifs socles des entreprises « non encore incluses dans cette démarche de certification », les tarifs majorés de l'avenant 11 restant, eux, inchangés. La loi du 25 juin 2026 ferme la porte : l'équipement devient une obligation légale, et non plus un choix économique.

Une nuance compte autant que le principe : le texte dit « à une date fixée par décret, et au plus tard le 1er janvier 2027 », et ce décret n'est pas paru. Le 1er janvier 2027 est donc un plafond, pas une échéance certaine.

Qui certifie un dispositif de géolocalisation, et à quel niveau ?

La certification est délivrée par l'Assurance Maladie, et elle est graduée. Le protocole d'accord publié par arrêté du 29 septembre 2025 pose une règle sans ambiguïté : « À compter du 1er juillet 2027, seuls les flux certifiés de niveau 3 à 5 pourront être facturés aux tarifs majorés. » Un dispositif certifié à un niveau inférieur ne suffira donc plus.

C'est le point que la plupart des contenus sur le sujet passent sous silence, et c'est pourtant celui qui pèse le plus sur une décision d'achat. La certification n'est pas un label binaire obtenu une fois pour toutes : elle porte sur le flux de données produit par le dispositif, et elle est attribuée à un niveau.

La conséquence se pose noir sur blanc devant un commercial. Acheter en 2026 un dispositif certifié de niveau 1 ou 2, c'est acheter un équipement dont la durée de vie utile est d'environ dix-huit mois. Au 1er juillet 2027, le flux qu'il produit ne permettra plus de facturer aux tarifs majorés. L'écart de tarif redevient alors une perte sèche, sur toute la flotte, alors que le matériel est amorti sur trois à cinq ans et que l'abonnement court encore.

Une réserve honnête sur le contenu des niveaux. À la date de mise à jour de cet article, nous n'avons pas trouvé sur ameli.fr de grille publique détaillant, niveau par niveau, ce que recouvrent les niveaux 1 à 5. Nous ne la reconstituons pas ici : la règle opposable, c'est le seuil de niveau 3, pas une description que nous aurions devinée. La seule démarche fiable consiste à demander au fournisseur, par écrit, le niveau effectivement obtenu pour son flux.

Trois questions à poser, dans cet ordre, avant de signer :

  1. Quel est le niveau de certification actuel du flux produit par votre dispositif, et depuis quelle date a-t-il été obtenu ?
  2. Si ce niveau est inférieur à 3, à quelle échéance passez-vous le seuil, et qui supporte le coût d'un éventuel remplacement matériel ?
  3. Cet engagement figure-t-il dans le contrat, ou seulement dans la plaquette commerciale ?

Rappelons enfin ce que la certification ne dit pas encore. Les conditions d'utilisation du dispositif relèvent d'un décret en Conseil d'État non paru : tout fournisseur qui vous détaille aujourd'hui les modalités précises d'usage que ce décret fixera les invente.

Les normes techniques : ce que l'on sait et ce que l'on ignore

Ce décret n'étant pas publié, il n'existe pas de cahier des charges technique public que l'on pourrait recopier ici. Les critères qui suivent ne sont donc pas une norme opposable : c'est une grille de vérification opérationnelle, celle qu'un dirigeant a intérêt à passer avant de signer, parce qu'un flux mal capté ne sera certifiable à aucun niveau.

Trois exigences commandent tout le reste. La captation doit être continue et horodatée, chaque point étant rattaché à une mission identifiée. Elle doit survivre aux coupures réseau : dans un sous-sol d'hôpital ou une zone blanche rurale, c'est le stockage local et la resynchronisation automatique qui séparent une trace exploitable d'une trace inutilisable. Enfin, la donnée doit être verrouillée, non réécrite après coup, y compris par l'administrateur du logiciel côté entreprise, faute de quoi elle n'a aucune valeur probante.

Checklist d'achat en 7 points

  1. Horodatage systématique de chaque point de relevé, rattaché à une mission
  2. Fréquence de captation suffisante pour reconstituer le trajet en mouvement
  3. Mode hors ligne avec stockage local et resynchronisation automatique
  4. Verrouillage des données, non modifiables après coup
  5. Association automatique véhicule, équipage et mission à la prise de service
  6. Export structuré des trajets, rattachable à une facture
  7. Confirmation écrite, contractuelle, du niveau de certification obtenu auprès de l'Assurance Maladie

Le septième point est le seul qui ait une valeur juridique. Les six premiers déterminent si la solution tiendra sur le terrain ; le septième détermine si elle ouvrira droit au tarif majoré.

Géolocaliser ses ambulanciers : ce que la CNIL autorise et interdit

Géolocaliser une ambulance, c'est géolocaliser un salarié. La CNIL (nouvel onglet) admet le suivi d'un véhicule pour justifier et facturer une prestation de transport, mais elle interdit de contrôler un employé en permanence, de collecter sa localisation en dehors du temps de travail, et de calculer son temps de travail lorsqu'un autre dispositif existe déjà.

Toute la profession parle de conformité CPAM. Presque personne ne parle de conformité employeur. C'est pourtant le second front du sujet : il se juge devant une autre autorité et obéit à d'autres règles. Il croise directement les obligations décrites dans notre guide du RGPD appliqué au transport sanitaire.

Les finalités que la CNIL admet

Sont considérées comme légitimes, notamment : suivre, justifier et facturer une prestation de transport ; assurer la sécurité de l'employé, des marchandises et des véhicules ; permettre une meilleure allocation des moyens sur des lieux dispersés ; respecter des obligations légales ; contrôler le respect des règles d'utilisation du véhicule. Le suivi du temps de travail n'est admis qu'« accessoirement », et seulement « lorsque cela ne peut être réalisé par un autre moyen ».

Pour un transporteur sanitaire, la première finalité suffit à fonder le traitement, et c'est la formulation la plus sûre à inscrire dans le registre comme dans la note d'information remise aux salariés.

Les finalités que la CNIL interdit

La liste est explicite, et deux items visent des usages courants dans les flottes :

  • Contrôler le respect des limitations de vitesse
  • Contrôler un employé en permanence
  • Suivre les véhicules de salariés disposant d'une liberté d'organisation dans leurs déplacements
  • Suivre les représentants du personnel dans l'exercice de leur mandat
  • Collecter la localisation en dehors du temps de travail
  • Calculer le temps de travail des employés alors qu'un autre dispositif existe déjà

Ce dernier point mérite un arrêt. Une société qui dispose déjà d'un système de pointage ou d'une saisie des heures ne peut pas se servir des positions GPS pour recalculer les heures de ses ambulanciers. Le traceur ne rend pas le pointage caduc et ne le remplace pas.

Le droit de désactivation

La CNIL est nette : « Les employés doivent pouvoir désactiver la collecte ou la transmission de la localisation géographique en dehors du temps de travail. » Cette fonction n'est donc pas une option de confort à négocier, c'est une exigence à vérifier avant l'achat. L'employeur conserve la possibilité de contrôler le nombre et la durée des désactivations, et de sanctionner un usage abusif.

Les durées de conservation, finalité par finalité

Contrairement à une idée répandue, la durée de conservation des traces n'est pas alignée sur celle des pièces de facturation. La CNIL raisonne par finalité :

FinalitéDurée de conservation
Principe général2 mois
Optimisation des tournées, preuve des interventions réalisées1 an
Suivi du temps de travail5 ans

Garder l'historique complet des positions pendant plusieurs années « au cas où » n'est donc pas une précaution, c'est un manquement. Le bon réflexe est la purge automatique au terme de chaque durée, paramétrée dès la mise en service.

Ce qu'il faut avoir fait avant d'allumer un traceur

Ces obligations pèsent sur l'entreprise de transport, qui est le responsable de traitement. Un éditeur de logiciel intervient comme sous-traitant : il ne peut pas les assumer à votre place, et aucune clause de contrat ne les transfère.

  • Informer individuellement chaque salarié concerné. L'information doit couvrir l'identité du responsable de traitement, les finalités poursuivies, la base légale du traitement, les destinataires des données, l'existence d'un droit d'opposition, la durée de conservation, les droits d'accès et de rectification, et le droit d'introduire une réclamation auprès de la CNIL.
  • Informer ou consulter les instances représentatives du personnel avant toute décision d'installer le dispositif. Une information donnée après coup ne régularise rien.
  • Inscrire le traitement au registre des activités de traitement tenu par l'employeur.
  • Associer le délégué à la protection des données s'il en existe un dans l'entreprise.

Une flotte peut être parfaitement certifiée côté Assurance Maladie et parfaitement irrégulière côté CNIL. Les deux conformités se construisent séparément, avec des interlocuteurs différents.

Boîtier embarqué ou application : quel équipement choisir ?

Deux architectures coexistent. Le boîtier installé à demeure offre une captation continue et ne dépend pas du matériel du chauffeur : il reste pertinent pour les flottes hétérogènes, ou quand le parc de smartphones n'est pas homogénéisé. L'application sur terminal métier couple la captation à la saisie des missions et séduit les sociétés qui veulent un outil unique. Les deux approches se défendent dès lors que le flux produit atteint le niveau de certification visé.

Le critère de tri n'est donc pas le format du matériel, c'est le niveau du flux : une solution générique de gestion de flotte, même fiable, ne produit pas nécessairement un flux certifié par l'Assurance Maladie.

La logique n'est pas la même partout. À Bruxelles, l'arrêté du Collège réuni du 8 juillet 2021 impose aux services de transport médico-sanitaire agréés par Vivalis un émetteur permettant au dispatching de géolocaliser chaque ambulance et chaque VSL pendant les heures de service, sans parler de boîtier homologué ni de certification : notre article sur la géolocalisation et la traçabilité des ambulances à Bruxelles lit ce texte article par article.

Chez SanteMobile, nous ne fournissons ni boîtier ni flux certifié. Pendant chaque course, de « En route » à la dépose, l'application ambulancier partage la position GPS du téléphone avec le dashboard de régulation et avec le patient ; aucune position n'est envoyée hors course, seule la dernière est conservée, et l'export des courses au format CSV/XLSX ne contient aucune coordonnée GPS. Ce suivi ne remplace pas la géolocalisation certifiée exigée par l'Assurance Maladie. La géolocalisation certifiée reste sur notre feuille de route : elle suppose un dispositif certifié que nous ne fournissons pas aujourd'hui.

Mettre en place la géolocalisation certifiée : les étapes concrètes

  1. Auditer la flotte. Quels véhicules, quels terminaux embarqués, quelle solution de tracking déjà en place, quelle couverture réseau sur vos zones d'intervention. Cet audit évite de payer deux fois.
  2. Vérifier le niveau, pas seulement la certification. Demandez par écrit le niveau obtenu, sa date, et la trajectoire du fournisseur vers le niveau 3.
  3. Préparer le volet social avant l'installation. Note d'information individuelle, inscription au registre, information ou consultation des représentants du personnel. Cette étape se place avant le déploiement technique, jamais après : c'est l'ordre qui la rend valable.
  4. Paramétrer l'articulation avec la facturation. Le kilométrage capté doit préremplir les documents, sans ressaisie, et les écarts doivent être signalés automatiquement.
  5. Tester sur un échantillon, puis basculer. Continuité des traces, alignement avec les missions, cohérence des kilométrages, comportement en zone blanche. Une fois validé, généralisez à toute la flotte.

Erreurs fréquentes et motifs de non-conformité

  • Incohérences kilométriques. Le kilométrage déclaré ne correspond pas à la trace, parce que la saisie est restée manuelle. La parade : laisser le kilométrage capté préremplir le document, sans intervention humaine.
  • Coupures réseau non compensées. Sans stockage local des points, la trace présente des trous et perd sa valeur.
  • Mission facturée sans trace associée. Cela arrive quand le chauffeur oublie d'ouvrir la mission, ou quand deux missions se chevauchent. Un outil bien conçu impose l'ouverture et interdit les conflits.
  • Dispositif non certifié, ou certifié trop bas. Un flux certifié à un niveau inférieur à 3 cessera d'ouvrir droit aux tarifs majorés au 1er juillet 2027.
  • Traceur installé sans volet social. Sans information individuelle des salariés, sans consultation préalable des représentants du personnel et sans inscription au registre, le traitement est irrégulier quelle que soit la qualité de sa certification.

Que se passe-t-il au 1er janvier 2027 si ma flotte n'est pas équipée ?

Rien ne bascule automatiquement à cette date. L'obligation d'équipement entre en vigueur « à une date fixée par décret, et au plus tard le 1er janvier 2027 », et ce décret n'est pas paru. Ce qui est acquis, c'est le plafond : au-delà, une flotte conventionnée non équipée n'est plus en règle avec l'article L. 322-5-3 du code de la sécurité sociale.

Trois régimes se succèdent, et il est utile de les voir alignés :

PériodeStatut de la géolocalisation certifiéeSituation de l'entreprise non certifiée
Avant le 1er octobre 2025Facultative, valorisée par l'avenant 11Tarifs conventionnels ordinaires ; la certification ouvre un tarif majoré
Depuis le 1er octobre 2025Toujours facultative, mais pénaliséeForfaits de départ abaissés de 20,5 % en ambulance ; les tarifs majorés de l'avenant 11 restent inchangés
À l'entrée en vigueur de l'obligation, au plus tard le 1er janvier 2027Obligatoire sur l'ensemble des véhiculesNon-conformité à une obligation légale, modalités renvoyées à un décret en Conseil d'État

Trois conséquences pratiques se déduisent de ce tableau.

La perte est déjà en cours. L'écart de tarif n'attend pas 2027, il s'applique depuis le 1er octobre 2025 sur chaque course facturée. Sur une flotte qui roule tous les jours, l'attentisme a un coût quotidien, pas un coût futur.

Le vrai sujet de 2027 n'est pas la certification, c'est son niveau. Une entreprise qui se certifie dans l'urgence fin 2026 à un niveau inférieur à 3 devra refaire l'opération avant le 1er juillet 2027.

Les modalités ne sont pas connues, l'échéance plafond si. Attendre le décret en Conseil d'État pour lancer l'audit de flotte, la consultation des représentants du personnel et le choix du fournisseur serait une erreur de calendrier : ces trois chantiers prennent des mois et ne dépendent pas du contenu du décret.

Un dernier point est souvent manqué : l'obligation posée par l'article 27 est double. Le même texte impose d'équiper les véhicules d'un dispositif de géolocalisation certifié et d'un système électronique de facturation intégré. La géolocalisation et l'autre brique de la même obligation ne sont pas deux projets successifs à planifier l'un après l'autre.

Géolocalisation certifiée, facturation et marge : l'impact économique

L'effet sur les recettes est arithmétique : depuis le 1er octobre 2025, deux grilles coexistent, celle des entreprises engagées dans la démarche de certification et celle des autres, séparées par 20,5 % sur le forfait de départ en ambulance, le kilomètre restant identique à 2,44 €. Pour rapporter cet écart à vos propres volumes, notre grille des tarifs ambulance CPAM 2026 détaille les forfaits et le tarif kilométrique conventionnels.

Le sujet concerne aussi bien les ambulances que les véhicules sanitaires légers. Sur une flotte VSL qui enchaîne des courses courtes et récurrentes, quelques points de tarif changent l'équilibre d'une activité à marge serrée. Le choix du mode de transport adapté à chaque patient relève d'ailleurs de la prescription médicale, un sujet traité dans notre comparatif ambulance ou VSL.

Le second effet se joue sur les kilomètres à vide. Une captation fiable des trajets fournit la donnée qui permet de calculer le taux de kilomètres non facturés, puis de le réduire en rapprochant les courses et en regroupant les tournées. Or, sur un VSL, ce taux pèse directement sur le résultat : notre méthode de calcul de rentabilité d'un VSL montre comment quelques points de kilomètres à vide en moins font basculer la marge par course.

Géolocalisation certifiée : un maillon de la chaîne numérique

Isolée, la géolocalisation certifiée reste une ligne de dépense. Reliée au reste, elle devient un moteur d'organisation. Voici la chaîne que SanteMobile couvre aujourd'hui, en amont du dispositif certifié qu'il ne fournit pas :

  1. L'ambulancier ouvre sa mission sur l'application terrain et fait avancer la course par statuts horodatés
  2. Les données de course (horaires réels, kilométrage, équipage, véhicule, preuve de dépose) remontent dans le dashboard de régulation
  3. Un export des courses au format CSV/XLSX est généré sans ressaisie, sans aucune coordonnée GPS
  4. Le régulateur vérifie, puis votre logiciel de facturation reprend l'export : il n'existe pas de connecteur direct
  5. Le patient suit l'avancement de son transport via l'application patient, avec la position de l'ambulance de « En route » à la dépose. Ce suivi ne remplace pas la géolocalisation certifiée exigée par l'Assurance Maladie.

La plateforme SanteMobile est disponible en accès bêta gratuit, partout en France et sans engagement, la Normandie comprise. Précision utile pour éviter tout malentendu : depuis la version 1.1.0 des applications, pendant chaque course, de « En route » à la dépose, l'app de l'équipage partage la position du téléphone avec le régulateur et le patient ; aucune position hors course, seule la dernière est conservée. Ce suivi ne remplace pas la géolocalisation certifiée exigée par l'Assurance Maladie. La géolocalisation certifiée au sens de l'agrément reste sur notre feuille de route, et SanteMobile ne vous met pas en conformité avec l'obligation d'équipement.

Vous préparez l'échéance de 2027 sans vouloir acheter un équipement périmé dans dix-huit mois ? SanteMobile ne fournit pas le dispositif certifié, mais il organise vos courses en amont : testez-le gratuitement et découvrez ce qui est disponible aujourd'hui, suivi des courses et export des courses au format CSV/XLSX. La géolocalisation certifiée est sur notre feuille de route.

Écrit par

Équipe SanteMobile

L'équipe SanteMobile regroupe les co-fondateurs impliqués dans la conception, le développement et la conformité de la plateforme SaaS ambulancier.

Questions fréquentes

Elle est en train de le devenir. L'article 27 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 modifie l'article L. 322-5-3 du code de la sécurité sociale et impose aux entreprises de transport sanitaire conventionnées d'équiper l'ensemble de leurs véhicules d'un dispositif de géolocalisation certifié par l'assurance maladie. Cette obligation entre en vigueur à une date fixée par décret, et au plus tard le 1er janvier 2027. Tant que ce décret n'est pas paru, la certification n'est pas obligatoire, mais elle est déjà fortement incitée par la tarification conventionnelle.

Un GPS classique indique une position à un instant donné, sans garantie sur l'origine ni sur l'intégrité de la donnée produite. Une géolocalisation certifiée est un dispositif dont le flux a été certifié par l'Assurance Maladie, à un niveau donné, et qui ouvre à ce titre le droit aux tarifs conventionnels majorés prévus par l'avenant 11. La différence n'est donc pas d'abord technique, elle est administrative : c'est la certification du flux qui produit l'effet tarifaire, pas la présence d'une puce GPS.

Une perte de recette, pas un rejet de facture. Depuis le 1er octobre 2025, le protocole d'accord publié par arrêté du 29 septembre 2025 applique aux entreprises non certifiées un forfait de départ ambulance abaissé de 20,5 % par rapport au tarif majoré réservé aux entreprises engagées dans la démarche de certification. Le kilomètre ambulance reste payé 2,44 € dans les deux régimes ; en VSL, il passe de 1,10 € à 0,93 €. Le régime changera de nature quand l'obligation légale d'équipement entrera en vigueur, au plus tard le 1er janvier 2027.

Pas pour la tarification majorée. Le protocole d'accord du 29 septembre 2025 prévoit qu'« à compter du 1er juillet 2027, seuls les flux certifiés de niveau 3 à 5 pourront être facturés aux tarifs majorés ». Un dispositif certifié aujourd'hui à un niveau inférieur à 3 a donc une durée de vie utile d'environ dix-huit mois. Le niveau de certification du flux, et la trajectoire de l'éditeur pour atteindre le niveau 3, doivent peser autant que le prix dans la décision d'achat.

La CNIL retient un principe de deux mois pour la conservation des données de géolocalisation des véhicules de salariés. Cette durée peut être portée à un an lorsque les données servent à optimiser les tournées ou à prouver les interventions réalisées, et à cinq ans lorsqu'elles sont conservées au titre du suivi du temps de travail. Ces durées s'apprécient finalité par finalité : conserver l'historique complet des positions plusieurs années sans finalité identifiée est un manquement, pas une précaution.

SanteMobile, pour qui ?

Patients : réservez un transport programmé auprès d'une société inscrite, depuis l'app patient gratuite. Sociétés d'ambulances : une seule plateforme pour réguler, avec le dashboard web, l'app équipage et l'app patient.