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Planning ambulancier : règles, délais et logiciel adapté

Planning ambulancier : établi au moins par mois, affiché 15 jours avant, prise de service la veille avant 19 h, 12 h d'amplitude. Règles sourcées et outil.

Équipe SanteMobilePublié le 21 min de lecture
Un planning mensuel imprimé punaisé sur le tableau de liège d'une société d'ambulances, des clés de véhicules accrochées au mur, une tasse de café, et une ambulance blanche garée dehors sous la pluie
Sommaire, 11 parties

Le planning d'une société d'ambulances obéit à trois règles de calendrier et à un plafond : il est établi au moins par mois et affiché au moins 15 jours à l'avance, l'heure de prise de service est communiquée la veille avant 19 heures, toute modification est annoncée dès qu'elle est connue, et la journée ne dépasse pas 12 heures d'amplitude (14 heures dans deux cas limités). Ces règles viennent de l'accord du 16 juin 2016 sur le temps de travail dans le transport sanitaire, étendu et en vigueur depuis le 1er août 2018, que complètent le code des transports et l'arrêté du 19 décembre 2001 sur la feuille de route.

Ce guide s'adresse au gérant et au régulateur qui construisent le planning des équipages chaque mois. Il réunit dans un seul tableau les règles qui pèsent sur ce planning, avec le texte et l'article de chacune, et signale ce qui est abrogé mais encore largement recopié en ligne, à commencer par le décret de 2001 et l'ancien accord-cadre du 4 mai 2000. Il se termine par ce qu'un logiciel de planning peut faire, et par ce qu'il ne fait pas à votre place.

Une précaution avant d'entrer dans le détail : ces règles visent le « personnel ambulancier roulant » des entreprises privées de transport sanitaire. Vérifiez la classification de chacun de vos salariés (ambulancier diplômé, auxiliaire, chauffeur de VSL) et l'existence d'un accord d'entreprise, qui peut aménager certaines règles dans les limites du code. Ce guide décrit les textes ; il ne remplace ni votre convention, ni l'avis de votre DREETS ou de votre conseil.

Quelles règles encadrent le planning d'une société d'ambulances ?

Trois niveaux de textes s'empilent. Le code du travail pose le droit commun (repos de 11 heures, 48 heures par semaine, pause de 20 minutes). Le code des transports y ajoute les règles du personnel roulant et un chapitre propre au transport sanitaire (articles D. 3312-29 à R. 3312-33). La convention collective des transports routiers et activités auxiliaires du transport (IDCC 16) les précise par l'accord du 16 juin 2016, souvent plus strict que le code.

Le piège principal est de citer des textes qui ne s'appliquent plus. Beaucoup de pages, y compris syndicales, renvoient encore aux articles 4 et 7 de l'accord-cadre de 2000 ou au décret du 30 juillet 2001, et reprennent des chiffres qui ont changé depuis.

TexteStatut au 4 novembre 2026Ce qu'il faut en retenir
Accord-cadre du 4 mai 2000 (IDCC 16)Abrogé pour l'essentiel depuis le 1er août 2018 ; quelques articles restent en vigueur (prévenance des jours de RTT, repas)Ne plus citer ses articles sur le planning, l'amplitude ou le repos
Décret n° 2001-679 du 30 juillet 2001Abrogé le 12 janvier 2009 par le décret n° 2009-32, lui-même abrogé au 1er janvier 2017 et codifiéSes coefficients de 73 %, 74 % puis 75 % sont de l'histoire
Accord du 16 juin 2016 (IDCC 16)En vigueur étendu depuis le 1er août 2018La référence pour le planning, l'amplitude, le décompte, les pauses et le repos
Code des transports, D. 3312-29 à R. 3312-33En vigueur (codification de 2017, R. 3312-30 modifié en 2021)Plafonds réglementaires, coefficients, feuille de route
Arrêté du 19 décembre 2001En vigueurFeuille de route hebdomadaire, récapitulatif mensuel, conservation 5 ans

Sources : accord du 16 juin 2016, article 2 (nouvel onglet), accord-cadre du 4 mai 2000 (nouvel onglet), décret n° 2001-679 (nouvel onglet), code des transports, article R. 3312-30 (nouvel onglet), arrêté du 19 décembre 2001 (nouvel onglet), consultés sur Légifrance le 4 novembre 2026.

Planning mensuel, 15 jours, 19 heures la veille : le calendrier obligatoire

L'article 2 de l'accord du 16 juin 2016 est court, et c'est lui qui rythme le travail du régulateur. Il pose deux obligations écrites noir sur blanc.

La première porte sur le planning lui-même : « Le planning précisant l'organisation du travail (périodes de travail/périodes de repos) doit être établi au moins par mois et affiché au moins 15 jours avant les périodes considérées. » Concrètement, le planning de décembre doit être affiché au plus tard le 16 novembre. Ce planning dit qui travaille et qui se repose chaque jour ; il ne dit pas encore à quelle heure chacun commence.

La seconde porte justement sur l'heure : « L'employeur fixe l'heure de prise de service la veille pour le lendemain et la communique aux personnels ambulanciers au plus tard à 19 heures. » C'est la règle qui oblige le régulateur à boucler la journée du lendemain en fin d'après-midi, séries de dialyse, sorties d'hospitalisation et consultations comprises.

Le même article prévoit les imprévus. Quand une absence désorganise le planning, la modification se fait de préférence par volontariat, et l'heure de prise de service peut être modifiée « de façon non systématique », le salarié étant informé dès que l'employeur en a connaissance. L'accord ne fixe pas de délai chiffré pour ces changements.

Le délai de 7 jours n'est pas la règle du secteur

On lit souvent qu'un planning ne peut pas être modifié moins de 7 jours à l'avance. Ce délai existe, mais ailleurs : l'article L. 3121-47 du code du travail le prévoit, à défaut de stipulation conventionnelle, quand le temps de travail est aménagé sur une période de plus d'une semaine ; pour les salariés à temps partiel, l'article L. 3123-31 prévoit 7 jours ouvrés à défaut d'accord. Pour un ambulancier à temps plein, la règle du secteur reste celle de l'accord de 2016 : planning mensuel affiché 15 jours avant, heure de prise de service la veille avant 19 heures, modification annoncée dès qu'elle est connue. Si votre entreprise a signé un accord d'aménagement du temps de travail, c'est lui qu'il faut relire.

Le tableau des règles du planning ambulancier

Voici les règles qui contraignent directement la construction du planning, avec leur source. Quand le code et la convention diffèrent, la colonne « Valeur » donne la règle la plus stricte, qui est celle à appliquer.

RègleValeurTexte
Planning des périodes de travail et de reposÉtabli au moins par mois, affiché au moins 15 jours avantAccord 2016, art. 2
Heure de prise de serviceFixée la veille, communiquée au plus tard à 19 hAccord 2016, art. 2
Amplitude de la journée12 hAccord 2016, art. 3
Amplitude prolongée14 h : finir une mission (1 fois par semaine en moyenne sur 4 semaines) ou saisonnier et rapatriements (50 fois par an)Accord 2016, art. 3 ; le code autorise 15 h et 75 fois (R. 3312-30)
Contrepartie au-delà de 12 hIndemnité de dépassement d'amplitude (IDAJ) = dépassement × taux horaire, ou repos équivalentAccord 2016, art. 3
Travail effectif par jour10 h, 12 h par dérogationAccord 2016, art. 4 ; C. transports D. 3312-6
Durée hebdomadaire48 h sur une semaine ; 46 h en moyenne sur 12 semainesAccord 2016, art. 4 ; C. travail L. 3121-20
Repos quotidien11 h consécutives ; réductible à 9 h avec repos compensateur avant la fin de la 3e semaine civile suivanteAccord 2016, art. 7 ; C. transports R. 3312-30
Repos hebdomadaire24 h + 11 h, 6 jours de travail au plus par semaineAccord 2016, art. 7 ; C. travail L. 3132-1 et L. 3132-2
Week-endsAu moins 2 repos de 48 h consécutives (samedi et dimanche) par mois, sauf stipulation contraireAccord 2016, art. 7
Pause20 min consécutives dès 6 h de travail effectifAccord 2016, art. 5 ; C. travail L. 3121-16
Pause repas30 min, dans le créneau 11 h-14 h 30 ou 18 h 30-22 h si l'amplitude le couvre entièrementAccord 2016, art. 5
Pauses déduites du temps de travail1 h 30 au plus du lundi au samedi de jour ; 2 h les dimanches, nuits et jours fériésAccord 2016, art. 5
Service de permanenceAmplitude d'au moins 10 h ; nuit 18 h-10 h, dimanche et jour férié 6 h-22 hAccord 2016, art. 4
Travail de nuit du personnel roulant22 h-5 hC. transports L. 1321-7
Heures supplémentaires+25 % les 8 premières, +50 % au-delà ; contingent de 480 hAccord 2016, art. 8
Feuille de routeHebdomadaire, individuelle, remplie par le salarié, conservée au moins 5 ansArrêté du 19/12/2001 ; C. transports R. 3312-33
Récapitulatif mensuelAu plus tard le 10 du mois suivantArrêté du 19/12/2001, art. 3

Sources : accord du 16 juin 2016, art. 2 (nouvel onglet), art. 3 (nouvel onglet), art. 4 (nouvel onglet), art. 5 (nouvel onglet), art. 7 (nouvel onglet) et art. 8 (nouvel onglet) ; code des transports, R. 3312-30 (nouvel onglet), D. 3312-6 (nouvel onglet), R. 3312-33 (nouvel onglet) et L. 1321-7 (nouvel onglet) ; arrêté du 19 décembre 2001 (nouvel onglet). Consultés le 4 novembre 2026.

Amplitude : 12 heures en convention, 14 heures au plus

L'amplitude est l'intervalle entre deux repos quotidiens : de la prise de service à la fin de service, pauses et coupures comprises. C'est la contrainte qui bloque le plus souvent un planning, parce qu'une journée commencée à 6 h 30 pour une dialyse du matin ne peut pas, en principe, se terminer après 18 h 30.

L'accord de 2016 la fixe ainsi : « L'amplitude de la journée de travail des personnels ambulanciers est limitée à 12 heures. » Elle peut atteindre 14 heures dans deux cas seulement : pour accomplir une mission jusqu'à son terme, une fois par semaine en moyenne sur quatre semaines, ou pour des activités saisonnières et des rapatriements sanitaires pour des compagnies d'assurance ou d'assistance, 50 fois par année civile.

Le code des transports va plus loin. Son article R. 3312-30 autorise une prolongation « jusqu'à quinze heures » dans les mêmes cas, « dans la limite de soixante-quinze fois par année civile », et impose d'informer immédiatement l'inspecteur du travail et le comité social et économique. Ce sont ces chiffres, 15 heures et 75 fois, que l'on retrouve sur beaucoup de sites. Mais l'accord étendu est plus favorable au salarié : pour une entreprise de la branche, le plafond pratique est donc 14 heures et 50 fois par an.

Tout dépassement de 12 heures demandé par l'employeur ouvre droit à l'indemnité de dépassement d'amplitude journalière (IDAJ), égale à la durée du dépassement multipliée par le taux horaire du salarié, ou à un repos équivalent. L'ancien barème de l'accord-cadre (75 % de la douzième à la treizième heure, puis 100 %) n'est plus en vigueur.

Pour le régulateur, la conséquence pratique est simple : la course longue distance ou le retour d'hospitalisation tardif qui fait déborder la journée doit être vu au moment du planning, pas le soir même. Un dépassement isolé pour finir une mission est permis ; une organisation qui en dépend chaque semaine ne l'est pas.

Comment se calcule le temps de travail d'un ambulancier ?

C'est la question où les sources se contredisent le plus, parce que la règle a changé plusieurs fois.

La règle de l'accord de 2016. Depuis le 1er août 2018, le temps de travail des personnels ambulanciers est « calculé sur la base de leur amplitude diminuée des temps de pauses ou de coupures ». Une journée de 7 h à 18 h avec une heure de pause déduite compte donc 10 heures. Pour les services de permanence, l'accord maintient un régime particulier : le temps de travail est calculé sur 80 % de l'amplitude. Ce double régime était appelé à disparaître sous conditions, prévues à l'article 4 C de l'accord.

La règle du code des transports. L'article D. 3312-31 prévoit que l'amplitude est prise en compte « pour 75 % de leur durée pendant les services de permanence » et à 90 % en dehors, pour les salariés à temps plein. Ce texte, issu de la codification de 2017, reprend les coefficients de l'ancien décret de 2009.

Ce qui n'est pas tranché. Aucun texte que nous avons lu ne règle explicitement l'articulation entre ces deux méthodes. Par ailleurs, la garde départementale a été réformée par le décret n° 2022-631 du 22 avril 2022, et une fiche de la DREETS Bourgogne-Franche-Comté considère que le coefficient de 80 % a cessé de s'appliquer dans chaque département à la publication de son nouveau cahier des charges de la garde. C'est une lecture de l'administration, pas un texte. Si vos équipes assurent la garde, demandez la position écrite de votre DREETS avant de fixer votre méthode de décompte.

Deux points, eux, sont certains. Les coefficients d'équivalence ne s'appliquent qu'aux salariés à temps plein : un ambulancier à temps partiel est payé sur son temps réel. Et les coefficients de 72 %, 73 %, 74 % puis 75 % des années 2000 à 2003, comme la montée de 80 % à 90 % de la fin des années 2000, appartiennent à des textes abrogés.

Pauses et coupures : ce qui se déduit

Une pause ne se déduit de l'amplitude que si elle dure au moins 20 minutes d'affilée (30 minutes pour le repas). Le cumul des pauses déduites est plafonné à 1 h 30 du lundi au samedi de jour, et à 2 heures les dimanches, nuits et jours fériés ; un accord d'entreprise peut porter le plafond de 1 h 30 à 2 heures. Une pause ne peut être interrompue que pour une urgence préhospitalière ; si elle tombe alors sous 20 minutes (30 pour le repas), elle redevient du temps de travail effectif.

Le repas compte aussi dans le planning : quand l'amplitude couvre entièrement le créneau de 11 h à 14 h 30 ou de 18 h 30 à 22 h, l'ambulancier doit pouvoir prendre au moins 30 minutes de pause dans ce créneau. Un planning qui enchaîne des courses sans trou entre 11 heures et 14 h 30 n'est pas conforme, même si la journée reste sous 12 heures.

Repos, nuit, week-ends : ce que le planning doit laisser libre

Le repos quotidien est de 11 heures consécutives. Pour le personnel ambulancier roulant, il peut descendre à 9 heures, à condition d'accorder un repos compensateur au moins équivalent avant la fin de la troisième semaine civile qui suit (article R. 3312-30). La réduction à 10 heures prévue pour les autres roulants ne s'applique pas aux ambulanciers : l'article R. 3312-13 les exclut expressément. Et après une journée de plus de 12 heures d'amplitude, l'accord de 2016 exige au moins 11 heures de repos.

Le repos hebdomadaire est de 35 heures (24 heures plus les 11 heures du repos quotidien), et un salarié ne travaille pas plus de 6 jours par semaine. L'accord ajoute une règle que l'on oublie souvent en construisant un planning mensuel : au moins deux repos de 48 heures consécutives couvrant le samedi et le dimanche par mois, sauf stipulation contraire du contrat ou d'un avenant.

La nuit commence à 22 heures et se termine à 5 heures pour le personnel roulant (article L. 1321-7 du code des transports), et non à 6 heures ni sur la plage de 21 heures à 7 heures du code du travail. L'accord définit le travailleur de nuit (au moins deux fois par semaine au moins trois heures de nuit, ou au moins 270 heures d'amplitude de nuit par an) et lui accorde un repos supplémentaire.

La semaine ne dépasse pas 48 heures de travail, et la moyenne ne dépasse pas 46 heures sur 12 semaines consécutives quelconques. L'erreur classique consiste à écrire « 48 heures sur 12 semaines glissantes » : 48 heures est un plafond sur une seule semaine, 46 heures est la moyenne.

Feuille de route : pourquoi une application ne la remplace pas

Le planning dit ce qui est prévu ; la feuille de route dit ce qui a été fait. L'arrêté du 19 décembre 2001 impose une feuille de route hebdomadaire et individuelle pour chaque ambulancier roulant. Elle est remplie par le salarié, établie par « procédé autocopiant », et constitue « un document obligatoire ». L'employeur en fait un récapitulatif mensuel au plus tard le 10 du mois suivant, et conserve les feuilles « cinq ans au moins » à partir de la fin de la semaine concernée, soit bien plus que le délai d'un an du droit commun.

L'accord de 2016 avait tenté d'ouvrir la porte à d'autres moyens d'enregistrement : son article 10 autorisait l'enregistrement du temps de travail « par tous moyens ». Il a été exclu de l'extension, puis annulé, et la Cour de cassation a confirmé cette annulation le 23 septembre 2020 (chambre sociale, pourvoi n° 18-23.474), au motif qu'il n'était pas conforme à l'article R. 3312-33 du code des transports.

La conséquence est directe pour tout éditeur et tout acheteur de logiciel : une application de planning, une pointeuse ou une appli de suivi des courses ne vaut pas feuille de route. Elle peut aider le salarié à remplir la sienne et le régulateur à la contrôler, mais elle ne la remplace pas. Méfiez-vous d'un outil qui promet le contraire.

Construire le planning du mois en six étapes

Voici une méthode qui respecte les règles ci-dessus, adaptée à une société de 5 à 30 véhicules.

  1. Partir de la semaine type de chaque salarié : jours travaillés, horaires habituels, temps plein ou partiel, aptitudes (ambulance, VSL). C'est la base sur laquelle tout le reste se pose.
  2. Poser les engagements fixes : séries de dialyse, de chimiothérapie et de radiothérapie, que vous connaissez des semaines à l'avance (notre guide des transports récurrents de dialyse et de chimiothérapie détaille comment les anticiper), et les services de permanence de la garde départementale.
  3. Intégrer les congés et absences connus, avec un délai de dépôt fixé et connu de tous, et vérifier jour par jour combien d'équipages restent disponibles.
  4. Contrôler les contraintes légales salarié par salarié : 12 heures d'amplitude, 11 heures de repos entre deux journées, 6 jours au plus, deux week-ends de 48 heures dans le mois, pause repas dans le créneau. Ce contrôle est le plus souvent manuel ; faites-le avant l'affichage, pas après.
  5. Afficher le planning au plus tard 15 jours avant le début du mois, et le dater pour pouvoir prouver la date d'affichage.
  6. Chaque jour, fixer et communiquer avant 19 heures l'heure de prise de service du lendemain, puis affecter les courses aux équipages en service. C'est le travail quotidien de la régulation ambulancière, et la partie qu'un logiciel accélère vraiment.

Un planning prévisible est aussi un argument de rétention : les plannings communiqués au dernier moment font partie des premiers motifs de départ, comme le rappelle notre article sur le recrutement et la fidélisation des ambulanciers.

Les erreurs de planning qui reviennent le plus

Relevées sur des pages qui se classent aujourd'hui sur « planning ambulancier », ces erreurs ont toutes un point commun : elles recopient un texte abrogé ou confondent deux règles.

Ce qu'on litCe que disent les textes en vigueur
« Le décret du 30 juillet 2001 encadre la durée du travail des ambulanciers »Abrogé en 2009 ; les règles sont aujourd'hui dans le code des transports (D. 3312-29 à R. 3312-33)
« L'amplitude peut aller jusqu'à 15 heures, 75 fois par an »C'est le plafond du code ; l'accord étendu limite à 14 heures et 50 fois par an
« Le temps de travail compte pour 75 % de l'amplitude »75 % était le taux des permanences ; la règle de l'accord est l'amplitude moins les pauses
« 48 heures sur 12 semaines glissantes »48 heures sur une semaine ; 46 heures en moyenne sur 12 semaines
« La nuit va de 22 heures à 6 heures »Pour le personnel roulant, 22 heures à 5 heures
« Les astreintes des ambulanciers »L'accord parle de services de permanence et exclut le régime des astreintes du décompte
« Repos réduit à 9 heures une fois par semaine maximum »C'était l'accord-cadre abrogé ; aujourd'hui, 9 heures minimum avec repos compensateur avant la fin de la 3e semaine
« Le planning se modifie avec 7 jours de prévenance »Droit commun (L. 3121-47) ; dans le secteur, prise de service la veille avant 19 h et modification annoncée dès qu'elle est connue
« On conserve les relevés d'heures un an »Les feuilles de route se conservent au moins 5 ans

Sources : voir les deux tableaux précédents et l'arrêt de la Cour de cassation du 23 septembre 2020 (nouvel onglet).

Logiciel de planning ambulance : ce qu'il faut vérifier

Sous l'expression « logiciel de planning ambulance », on trouve deux familles d'outils qui ne font pas le même travail. Les outils de gestion du temps et de la paie calculent les heures, les majorations, les repos compensateurs et l'IDAJ. Les logiciels de régulation décident qui fait quelle course, en tenant compte de qui est en service. Beaucoup d'éditeurs couvrent un peu des deux ; peu couvrent tout. Avant de choisir, posez ces questions par écrit :

  1. Comment saisit-on les horaires d'un salarié ? Semaine type, roulements, plusieurs plages par jour, services qui passent minuit ?
  2. Les absences et congés retirent-ils automatiquement le salarié des propositions d'affectation ?
  3. Le logiciel contrôle-t-il l'amplitude, le repos de 11 heures et la durée hebdomadaire ? S'il le fait, selon quelle règle (la convention ou le code) et avec quel décompte ?
  4. Produit-il un relevé d'heures exploitable par votre paie, et sous quel format ?
  5. Que dit l'éditeur de la feuille de route ? S'il prétend la remplacer, relisez la section précédente.
  6. Que voit l'ambulancier sur son téléphone : ses horaires, ses courses, les changements ?

Ces questions évitent d'acheter un outil de paie quand vous cherchiez un outil d'affectation, ou l'inverse. Pour la partie budget, notre article sur le prix d'un logiciel ambulance donne les grilles publiques des éditeurs.

Ce que SanteMobile fait pour le planning (et ce qu'il ne fait pas)

SanteMobile est un logiciel de régulation pour sociétés d'ambulances : planning, affectation des équipages, application équipage, application patient gratuite, exports CSV/XLSX. Côté planning, voici précisément ce qui est livré.

  • Disponibilités de l'équipe : pour chaque ambulancier, vous saisissez une semaine type (jours travaillés et horaires) et ses exceptions (absence, horaires modifiés). Un ambulancier absent ou hors de ses horaires n'est pas proposé pour une course, ni dans l'aide à l'affectation, ni quand le plan du jour propose la journée.
  • Congés : depuis l'application ambulancier, l'équipier demande un congé (journée, matin ou après-midi) ; le régulateur le valide ou le refuse en voyant combien d'équipages restent en service ce jour-là. Le régulateur peut aussi déclarer une absence lui-même.
  • Conflits : SanteMobile signale quand un équipage a déjà une course sur le créneau, sans vous bloquer.
  • Application : l'ambulancier voit sa tournée du jour et ses courses à venir, et reçoit une notification à chaque affectation, annulation ou retrait.

Ce qu'il ne fait pas, et qu'il faut savoir avant de l'adopter : SanteMobile ne contrôle ni l'amplitude, ni le repos, ni la durée du travail ; ces règles restent de votre ressort. Il ne calcule pas d'heures, ne produit pas de relevé d'heures pour la paie et ne remplace pas la feuille de route. L'export CSV/XLSX liste les courses avec leurs horaires et l'ambulancier, sans plus. Données hébergées en France (VPS), sauvegardes en Europe (Cloudflare R2, Europe de l'Ouest), et aucune donnée médicale (ni prescription, ni motif de transport, ni numéro de sécurité sociale).

Pour voir comment le planning nourrit l'affectation au quotidien, consultez notre page logiciel ambulancier.

Vous construisez encore le planning des équipages sur un tableur ? Rejoignez la bêta gratuite de SanteMobile et affectez vos courses en tenant compte des disponibilités de chacun.

Écrit par

Équipe SanteMobile

L'équipe SanteMobile regroupe les co-fondateurs impliqués dans la conception, le développement et la conformité de la plateforme SaaS ambulancier.

Questions fréquentes

L'article 2 de l'accord du 16 juin 2016, étendu depuis le 1er août 2018, impose un planning des périodes de travail et de repos établi au moins par mois et affiché au moins 15 jours avant les périodes concernées. L'heure de prise de service se fixe la veille pour le lendemain et se communique aux ambulanciers au plus tard à 19 heures. En cas d'imprévu, le planning peut être modifié, de préférence par volontariat, et le salarié est informé dès que l'employeur en a connaissance.

La convention limite l'amplitude à 12 heures (accord du 16 juin 2016, article 3). Elle peut aller jusqu'à 14 heures dans deux cas : finir une mission, une fois par semaine en moyenne sur quatre semaines, ou pour des activités saisonnières et des rapatriements sanitaires, 50 fois par année civile. Le code des transports (article R. 3312-30) fixe un plafond de 15 heures et 75 fois par an, mais la règle conventionnelle étendue, plus stricte, s'applique. Au-delà de 12 heures, l'ambulancier perçoit une indemnité de dépassement d'amplitude ou un repos équivalent.

Depuis le 1er août 2018, l'accord du 16 juin 2016 retient en principe l'amplitude de la journée diminuée des pauses et des coupures. Pendant les services de permanence (amplitude d'au moins 10 heures, la nuit, le dimanche ou un jour férié), le temps de travail est calculé sur 80 % de l'amplitude. L'article D. 3312-31 du code des transports parle, lui, de 75 % en permanence et 90 % en dehors, et aucun texte ne règle clairement l'articulation entre les deux. Le sort du coefficient de permanence depuis la réforme de la garde de 2022 se vérifie auprès de votre DREETS.

Non. L'arrêté du 19 décembre 2001 impose une feuille de route hebdomadaire et individuelle, remplie par le salarié, établie par procédé autocopiant et conservée au moins cinq ans. L'article 10 de l'accord de 2016, qui autorisait l'enregistrement du temps de travail par tous moyens, a été annulé, et la Cour de cassation a confirmé cette annulation le 23 septembre 2020 (pourvoi n° 18-23.474). Un logiciel de planning aide à préparer et à vérifier les journées, mais il ne vaut pas feuille de route.

Distinguez deux outils. Un logiciel de régulation affecte les courses aux équipages en tenant compte de leur disponibilité ; un outil de paie ou de gestion du temps calcule les heures, les majorations et les repos. SanteMobile est un logiciel de régulation : vous y saisissez la semaine type et les absences de chaque ambulancier, et un équipage absent ou hors de ses horaires n'est pas proposé pour une course. Il ne contrôle ni l'amplitude, ni le repos, ni la durée du travail, et ne produit pas de relevé d'heures.

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