Réglementation · Transport sanitaire
Tarifs ambulance CPAM 2026 : grille, forfaits et calcul
Grille tarifaire CPAM ambulance 2026 : forfait de départ, tarif au kilomètre, majorations et exemples de calcul, plus l'impact de la certification SEFI.

Sommaire, 12 parties
Une course d'ambulance conventionnée se facture 57,39 € de forfait de départ, 3 premiers kilomètres inclus, plus 2,44 € par kilomètre au-delà dans la majorité des communes, pour une entreprise certifiée. Un trajet de 20 kilomètres revient ainsi à 98,87 € avant majorations. Le forfait monte à 64,08 € dans les agglomérations désignées, 3 kilomètres inclus également, et à 71,72 € pour certaines communes franciliennes, où le kilomètre se facture dès le premier. Une entreprise non certifiée applique la même grille kilométrique, mais des forfaits minorés de 20,5 %.
Ce montant repose donc sur trois briques : un forfait de départ, un tarif au kilomètre et d'éventuelles majorations. En 2026, il dépend aussi d'un facteur nouveau, la certification de l'entreprise. Depuis le protocole d'octobre 2025, une société équipée d'une géolocalisation certifiée et facturant en SEFI conserve les tarifs revalorisés de janvier 2025, tandis qu'une société non certifiée voit son forfait de départ minoré de 20,5 %. Connaître la grille tarifaire ambulance CPAM et savoir la calculer n'est donc plus seulement un sujet de facturation, c'est devenu une question de marge. Vous pouvez voir comment un outil de gestion prépare, en amont, les données de course dont votre facturation a besoin via notre plateforme SaaS, qui ne calcule aucun tarif.
Cet article détaille la grille officielle en vigueur, explique comment se calcule concrètement le prix d'une course, passe en revue les forfaits courte distance, les majorations horaires et les abattements, puis compare l'ambulance au VSL. Toutes les valeurs citées proviennent des tarifs conventionnels publiés par l'Assurance Maladie (nouvel onglet) et restent à confirmer à chaque revalorisation, aucune revalorisation 2026 n'ayant été publiée à ce jour.
Quel est le tarif d'une ambulance remboursée par la CPAM ?
Combien coûte un transport en ambulance ? Pour un trajet de jour de 15 km dans une commune au forfait départemental, une entreprise certifiée facture 92,14 € : 57,39 € de forfait, qui couvre les 3 premiers kilomètres, 29,28 € de kilométrage pour les 12 suivants et 5,47 € de valorisation du trajet court. L'Assurance Maladie en rembourse 55 %, ou 100 % dans les situations d'exonération (affection de longue durée exonérante liée au transport, grossesse à partir du sixième mois, accident du travail, transfert entre établissements), le reste relevant de la complémentaire santé et de la franchise de 4 € par trajet.
Le tarif d'une ambulance conventionnée comprend un forfait de départ unique, dont le montant dépend de la zone géographique, auquel s'ajoute un tarif kilométrique de 2,44 € par kilomètre au-delà des kilomètres inclus dans le forfait. En 2026, deux grilles coexistent selon que l'entreprise est certifiée ou non. C'est ce socle, forfait plus kilométrage, que viennent ensuite moduler les majorations et les abattements.
Le forfait de départ se décline en trois variantes mutuellement exclusives. Une entreprise retient une seule d'entre elles, en fonction de la commune où s'effectue le transport : le forfait départemental pour la majorité des communes, le forfait agglomération pour les zones urbaines désignées, et la prise en charge pour certaines communes franciliennes. Le tarif kilométrique, lui, ne change pas d'une zone à l'autre ; seul change le premier kilomètre facturé : le 4e pour le forfait départemental et le forfait agglomération, qui incluent les 3 premiers kilomètres, le 1er pour la prise en charge.
Voici la grille des forfaits de départ et du tarif kilométrique applicable, dans les deux régimes en vigueur :
| Composante | Entreprise certifiée (depuis le 1er janvier 2025) | Entreprise non certifiée (depuis le 1er octobre 2025) |
|---|---|---|
| Forfait prise en charge (certaines communes franciliennes) | 71,72 € | 56,99 € |
| Forfait agglomération (agglomérations désignées, 3 km inclus) | 64,08 € | 50,92 € |
| Forfait départemental (autres communes, 3 km inclus) | 57,39 € | 45,60 € |
| Tarif kilométrique | 2,44 € / km | 2,44 € / km |
Ces montants sont les tarifs conventionnels nationaux. Ils s'imposent à toutes les caisses, mais peuvent évoluer à chaque avenant ou protocole d'accord : avant de paramétrer une grille, le réflexe reste de vérifier la dernière version sur ameli.fr plutôt que de recopier une valeur ancienne, source classique d'écart avec le référentiel CPAM et donc de rejet.
Comment se calcule le tarif d'une course d'ambulance ?
Le calcul d'une course suit toujours le même enchaînement. On part du forfait de départ, on ajoute le kilométrage, puis on applique les éléments variables. La formule complète est la suivante :
- Forfait de départ : le départemental, l'agglomération ou la prise en charge, selon la commune. Un seul s'applique.
- Tarif kilométrique : 2,44 € multiplié par la distance parcourue avec le patient à bord, déduction faite des 3 premiers kilomètres inclus dans le forfait départemental ou agglomération (dès le premier kilomètre pour la prise en charge).
- Valorisation du trajet court : un supplément dégressif ajouté pour les trajets de 19 km ou moins, qui compense le faible kilométrage facturé sur les courtes distances.
- Majorations et suppléments : majorations de nuit, de dimanche et de jours fériés ; au plus un supplément non majoré parmi urgence (centre 15), incubateur et prise en charge en gare ou aéroport.
- Péages et stationnement : facturés au réel, sur justificatif.
- Abattements : retranchés en cas de transport simultané de plusieurs patients.
Prenons deux exemples indicatifs, hors abattement et cas particuliers, pour une entreprise certifiée. Pour un trajet urbain de 8 km de jour en zone agglomération, le calcul donne 64,08 € de forfait, 3 premiers kilomètres inclus, plus 12,20 € de kilométrage (2,44 € fois 5), plus 7,53 € de valorisation du trajet court, soit environ 83,81 €. Pour un trajet départemental de 30 km de jour, on obtient 57,39 € de forfait plus 65,88 € de kilométrage (2,44 € fois 27), soit environ 123,27 €, sans valorisation puisque le trajet dépasse 19 km.
La nuit change l'addition. Le même trajet départemental de 30 km, effectué entre 20 h et 8 h, voit son tarif de jour majoré de 75 %, ce qui porte le total indicatif autour de 215,72 €. Cet écart illustre pourquoi l'horodatage précis de la prise en charge n'est pas un détail : appliquer une majoration de nuit sur un transport de jour, ou l'oublier sur un transport de nuit, fausse la facture et nourrit les rejets. Une saisie adossée aux horaires réels remontés du terrain sécurise ce point, comme le détaille notre guide sur la facturation CPAM ambulance. Pour tester d'autres distances, zones et horaires, notre calculateur de tarif ambulance et VSL applique automatiquement cette grille et son remboursement.
Forfaits intermédiaires : la valorisation des trajets courts
La valorisation du trajet court, parfois appelée forfait intermédiaire, est un supplément ajouté aux trajets de 19 km ou moins. Son montant décroît avec la distance : plus le trajet est court, plus le supplément est élevé, car le kilométrage seul ne couvrirait pas le coût d'une intervention de proximité. Ce mécanisme s'ajoute au tarif kilométrique, il ne le remplace pas.
Le barème dégressif se lit par tranche de distance :
| Distance du trajet | Entreprise certifiée | Entreprise non certifiée |
|---|---|---|
| Jusqu'à 5 km | 9,75 € | 7,57 € |
| De 5 à 10 km | 7,53 € | 5,95 € |
| De 10 à 15 km | 5,47 € | 4,32 € |
| De 15 à 19 km | 3,42 € | 2,71 € |
Concrètement, une entreprise qui assure beaucoup de courses de proximité, par exemple des liaisons entre un EHPAD et un cabinet de radiologie tout proches, a tout intérêt à appliquer correctement cette valorisation : oubliée, elle représente une perte sèche sur chaque petit trajet, et ces trajets se comptent souvent par dizaines chaque semaine. C'est un point que les grilles maison obsolètes laissent fréquemment de côté.
Majorations : nuit, dimanche, jours fériés et urgence
Au-delà du socle forfait plus kilométrage, plusieurs situations déclenchent une majoration ou un supplément. Les majorations horaires s'appliquent au tarif de jour, c'est-à-dire au forfait, au kilométrage et à la valorisation du trajet court. Les suppléments sont, eux, des montants fixes ajoutés à la course : ils ne sont pas majorés et ne se cumulent pas entre eux, un seul s'applique par transport.
| Situation | Majoration ou supplément |
|---|---|
| Nuit (20 h à 8 h) | +75 % du tarif de jour |
| Dimanche et jours fériés, en journée (8 h à 20 h) | +50 % du tarif de jour |
| Dimanche et jours fériés, la nuit (20 h à 8 h) | +75 % du tarif de jour |
| Transport urgent demandé par le centre 15 (Samu) | +21,67 € |
| Transport en incubateur (nouveau-né) | +10,83 € |
| Prise en charge en gare, aéroport ou port | +21,67 € |
| Péages et stationnement | Facturés au réel, sur justificatif |
À ne pas confondre avec ces majorations : les transports urgents pré-hospitaliers déclenchés par le SAMU, dits TUPH, relèvent d'un dispositif tarifaire national distinct, négocié séparément de la convention des transporteurs et assorti de ses propres forfaits. Pour une course conventionnée classique, c'est bien la grille ci-dessus qui s'applique. La règle de référence reste consultable sur le site de l'Assurance Maladie dédié au transport de patients (nouvel onglet).
Abattements et transport partagé
Le transport simultané de plusieurs patients donne lieu à un abattement sur la facture. En pratique, ce mécanisme concerne surtout le transport assis, c'est-à-dire le VSL et le taxi conventionné, puisqu'une ambulance transporte le plus souvent un seul patient allongé et mobilise alors tout le véhicule. Il reste néanmoins utile de connaître la logique, car elle structure l'incitation au transport partagé voulue par l'Assurance Maladie.
Pour le VSL, l'abattement appliqué dépend du nombre de patients et de la certification de l'entreprise :
- Deux patients transportés ensemble : abattement de 15 % pour une entreprise certifiée, 23 % pour une entreprise non certifiée.
- Trois patients ou plus : abattement de 33 % pour une entreprise certifiée, 35 % pour une entreprise non certifiée.
À ces abattements par course s'ajoute, au niveau de l'entreprise, un système de bonus ou de malus indexé sur le taux de transport partagé réellement atteint sur l'année. L'avenant 10 fixe un malus de 5 % sur l'ensemble des dépenses VSL en dessous d'un taux de partage de 5 %, et le protocole de 2025 y ajoute une baisse de tarifs collective calculée sur les remboursements de 2026 : le détail des deux mécanismes est dans notre article sur les pénalités du transport partagé. L'idée générale reste stable : plus une société mutualise ses trajets, plus elle est valorisée.
Tarifs ambulance CPAM : certifié SEFI ou non, la grille à deux vitesses
Le point le plus structurant de 2026 n'est pas un montant, c'est l'apparition de deux grilles. Le protocole d'accord de septembre 2025 a créé un écart tarifaire entre les entreprises certifiées et les autres. Les entreprises équipées d'une géolocalisation certifiée et facturant en SEFI conservent les tarifs revalorisés de janvier 2025. Les entreprises non certifiées subissent, depuis le 1er octobre 2025, une minoration de 20,5 % sur le forfait de départ, identique dans les trois zones. Le tarif kilométrique de l'ambulance, lui, reste à 2,44 € dans les deux régimes. L'écart sur le total d'une course dépend donc de la distance, et il pèse d'autant plus lourd que le trajet est court.
L'effet est direct sur la trésorerie. Reprenons le trajet urbain de 8 km vu plus haut. Une entreprise certifiée le facture autour de 83,81 €. Une entreprise non certifiée, sur le même trajet, applique un forfait agglomération de 50,92 € au lieu de 64,08 €, une valorisation de 5,95 € au lieu de 7,53 €, pour un total d'environ 69,07 €, soit près de 15 € de moins sur une seule petite course. Multiplié par des centaines de courses mensuelles, l'écart se chiffre rapidement en dizaines de milliers d'euros par an.
La certification repose sur deux briques techniques : une géolocalisation certifiée qui horodate et scelle le kilométrage réel, et une chaîne de télétransmission SEFI conforme. Ce sont précisément les exigences renforcées par les derniers avenants à la convention nationale, qui ont fait de l'équipement numérique une condition d'accès au tarif plein. Le détail du protocole d'octobre 2025 est publié au Journal officiel via l'arrêté du 29 septembre 2025 (nouvel onglet).
Pour une société de transport sanitaire, l'arbitrage est devenu simple : rester non certifié revient à accepter une décote permanente sur chaque course. C'est la raison pour laquelle un dispositif de géolocalisation certifié et une facturation SEFI agréée ne sont plus un confort, mais un moyen direct de préserver le tarif conventionnel auquel l'entreprise a droit ; un logiciel ambulancier de régulation comme SanteMobile ne fournit ni l'un ni l'autre aujourd'hui : tous deux sont sur notre feuille de route.
Ambulance ou VSL : quel écart de tarif ?
L'ambulance et le VSL répondent à deux besoins médicaux différents, et leurs tarifs n'ont rien de comparable. Le VSL, destiné au transport assis d'un patient autonome, affiche des forfaits et un tarif kilométrique très inférieurs à ceux de l'ambulance, réservée au transport allongé ou surveillé.
| Composante | Ambulance (certifiée) | VSL (certifié) |
|---|---|---|
| Forfait prise en charge | 71,72 € | 16,80 € |
| Forfait départemental | 57,39 € | 15,75 € |
| Tarif kilométrique | 2,44 € / km | 1,10 € / km |
Les écarts sont encore plus marqués pour une entreprise non certifiée, dont le forfait départemental VSL descend entre 10,73 € et 12,47 € selon la zone tarifaire (13,55 € pour la prise en charge) et le tarif kilométrique à 0,93 € par kilomètre, des montants confirmés dans les tarifs VSL conventionnels (nouvel onglet) publiés par l'Assurance Maladie. Le détail de cette grille, les exemples de calcul et le cas de la longue distance sont traités dans notre article dédié au prix d'un VSL au kilomètre. Mais l'écart de prix ne doit jamais guider le choix du véhicule. Le mode de transport est déterminé par la prescription médicale et par l'état du patient. Facturer une ambulance là où un VSL aurait suffi est l'un des écarts que la CPAM repère et requalifie en indu, comme le rappelle notre dossier sur la facturation CPAM ambulance. Le bon tarif est d'abord le tarif correspondant au transport réellement prescrit.
Tarif ambulance longue distance : ce qui change au-delà de 150 km
Le tarif ambulance longue distance n'est pas dégressif : le même 2,44 € par kilomètre s'applique jusqu'au dernier kilomètre, au-delà des 3 premiers inclus dans le forfait, sans palier ni forfait longue distance. Un trajet départemental de 180 km de jour se facture 489,27 € pour une entreprise certifiée (57,39 € de forfait plus 431,88 € de kilométrage sur 177 km), et 477,48 € pour une entreprise non certifiée. Ce qui change au-delà de 150 km, ce n'est pas la grille, c'est la procédure : l'accord préalable du service médical devient obligatoire.
Cette arithmétique a une conséquence que peu de dirigeants ont en tête : sur la longue distance, la certification ne pèse presque plus sur le prix. Le forfait de départ est la seule composante minorée pour une entreprise non certifiée, et le kilomètre ambulance est identique dans les deux régimes. L'écart entre les deux grilles est donc de 11,79 € sur 180 km, soit 2,4 % de la course, contre 14 % sur un trajet de 15 km. Sur 300 km, il tombe à 1,5 %. Le VSL suit une logique inverse, puisque son kilomètre est lui-même minoré : le détail figure dans notre article sur le tarif VSL au km.
Les majorations s'appliquent en revanche à l'ensemble du montant. Le même trajet de 180 km effectué de nuit, entre 20 h et 8 h, est majoré de 75 % et atteint 856,22 €, avant péages, qui se facturent au réel sur justificatif et ne sont pas majorés. Un transfert inter-hospitalier nocturne de longue distance est ainsi, à lui seul, l'une des courses les plus chères de la grille, et l'une des plus contrôlées.
La prise en charge, elle, n'est pas automatique. Au-delà de 150 km aller, le transport n'est remboursé qu'après accord préalable (nouvel onglet) obtenu avant le départ, via le formulaire S3139 rempli par le prescripteur ; l'absence de réponse de la caisse sous 15 jours vaut acceptation. La même règle vaut pour une série d'au moins quatre transports de plus de 50 km aller sur deux mois pour un même traitement, hors affection de longue durée. Un trajet de 180 km réalisé sans cet accord ne coûte pas moins cher : il bascule intégralement à la charge du patient, comme le détaille la section sur le transport sans prise en charge plus bas.
Tarif facturé et remboursement : ce que paie le patient
Le tarif conventionnel est le montant facturé pour le transport, pas nécessairement ce que débourse le patient. L'Assurance Maladie rembourse en règle générale 55 % de la base du tarif conventionnel (nouvel onglet) du transport, le ticket modérateur restant, soit 45 %, étant le plus souvent pris en charge par la mutuelle lorsque le contrat le prévoit. Dans plusieurs situations, la prise en charge atteint 100 % : affection de longue durée exonérante en lien avec le transport, grossesse à partir du sixième mois, accident du travail ou maladie professionnelle, ou transfert d'un patient hospitalisé vers un autre établissement.
En pratique, le transport sanitaire fonctionne très majoritairement en tiers payant. L'ambulancier ne perçoit rien directement du patient : il facture la caisse pour la part obligatoire et, le cas échéant, la complémentaire santé pour la part restante. C'est précisément ce qui rend la justesse du tarif si stratégique pour la société. Un montant erroné ne se répercute pas sur le patient, qui ne le voit pas, mais sur l'encaissement de l'entreprise, qui attend son remboursement de la caisse.
Une franchise médicale reste par ailleurs due par l'assuré : depuis le 31 mars 2024, elle s'élève à 4 euros par trajet de transport sanitaire, plafonnée à 8 euros par jour et par transporteur et à 50 euros par an toutes franchises confondues. Elle demeure à la charge du patient, les contrats responsables ne la remboursant pas, sauf pour les publics exonérés comme les moins de 18 ans, les femmes enceintes ou les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire. Cette franchise ne modifie pas le tarif facturé par l'ambulancier : elle relève de la relation entre l'assuré et sa caisse, et non du calcul de la course.
Tarif d'une ambulance sans prise en charge CPAM
Quand le transport n'est pas pris en charge, l'Assurance Maladie ne rembourse rien : le transport est entièrement à la charge du patient. L'entreprise doit afficher ses prix et remettre une facture, et le patient a tout intérêt à demander le prix avant le départ. C'est la principale source de malentendu au comptoir, et elle mérite d'être traitée avant le départ plutôt qu'à la facturation.
Un transport n'ouvre droit à remboursement que s'il est prescrit et qu'il entre dans l'une des situations prévues par le code de la sécurité sociale. La prescription doit être établie avant le transport : elle ne peut l'être a posteriori qu'en cas d'urgence. En dehors de ces cas, il n'est pas pris en charge, même prescrit par un médecin (nouvel onglet).
| Situation | Prise en charge |
|---|---|
| Transport lié à une hospitalisation (entrée, sortie, transfert) | Oui |
| État du patient exigeant le décubitus ou une surveillance | Oui, en ambulance |
| Patient en ALD exonérante présentant une incapacité ou une déficience du référentiel | Oui |
| Accident du travail ou maladie professionnelle | Oui |
| Trajet de plus de 150 km aller | Oui, après accord préalable |
| Série d'au moins 4 transports de plus de 50 km aller sur 2 mois, même traitement | Oui, après accord préalable, sauf ALD |
| Convenance personnelle, absence de prescription | Non |
| Taxi non conventionné | Non |
| ALD sans incapacité au sens du référentiel, ou ALD non exonérante (adulte) depuis le 1er octobre 2026 | Non |
L'accord préalable, un refus qui coûte cher
Trois cas exigent un accord préalable du service médical : le trajet de plus de 150 km aller, la série d'au moins quatre transports de plus de 50 km aller sur deux mois pour un même traitement, et le transport en avion ou en bateau de ligne régulière. La demande passe par le formulaire S3139, rempli par le médecin et adressé par le patient au service médical de sa caisse. L'absence de réponse sous 15 jours vaut acceptation (nouvel onglet). Pour les séries liées à une ALD, la demande n'est pas nécessaire.
Un transport effectué sans cet accord alors qu'il l'exigeait bascule intégralement à la charge du patient. Pour la société, le risque n'est pas théorique : la course a été réalisée, les charges ont été engagées, et l'encaissement dépend désormais d'un particulier qui découvre la facture après coup.
Le cas du transport partagé refusé
Lorsque le patient refuse une proposition de transport partagé, il ne perd pas son droit au remboursement mais perd la dispense d'avance de frais : il paie le transporteur directement, puis se fait rembourser par sa caisse. Le tarif reste conventionnel, seule la mécanique de paiement change. À ne pas confondre avec les situations non prises en charge du tableau ci-dessus.
Ce qu'il faut vérifier avant de rouler
La prescription, la situation ouvrant droit et, le cas échéant, l'accord préalable se contrôlent avant le départ, pas au moment de facturer. Trois questions suffisent : le transport est-il prescrit, entre-t-il dans une situation prise en charge, et franchit-il un seuil imposant un accord préalable. Si la réponse à la deuxième est non, le patient doit le savoir avant de monter dans le véhicule, avec un montant annoncé par écrit.
Qui paie et combien quand la caisse ne rembourse rien, y compris depuis la fin de l'ALD non exonérante : voir notre guide du transport sanitaire sans prise en charge. Notre calculateur de tarif ambulance et VSL donne le montant conventionnel de référence d'une course prise en charge. Pour la part complémentaire et le reste à charge quand le transport est bien couvert, voir notre guide du tiers payant et des mutuelles. Sur le contrôle de ces pièces, la checklist des contrôles CPAM détaille ce que la caisse vérifie.
Facturer le bon tarif sans risquer le rejet
Connaître la grille ne suffit pas : encore faut-il appliquer le bon montant à chaque course, sans écart avec le référentiel CPAM. Les sociétés qui sécurisent leur facturation appliquent quelques réflexes simples, qui transforment la grille tarifaire en facture conforme du premier coup.
- Identifier la bonne zone : départemental, agglomération ou prise en charge. Un forfait de départ erroné fausse l'ensemble de la course.
- Vérifier le régime tarifaire de l'entreprise : certifiée ou non, pour facturer la grille à laquelle elle a réellement droit, sans surfacturer ni se sous-payer.
- Justifier le kilométrage par la géolocalisation : l'écart entre le kilométrage facturé et le kilométrage GPS est l'un des premiers motifs de rejet. Une distance scellée évite les kilomètres à vide et les incohérences.
- Appliquer la majoration au bon créneau : l'horaire réel de prise en charge détermine la majoration de nuit ou de dimanche. Un horodatage fiable supprime le doute.
- Contrôler la cohérence avant l'envoi : forfait, kilométrage, valorisation du trajet court et majorations doivent s'enchaîner sans contradiction avant la télétransmission.
Ces contrôles, fastidieux à la main, deviennent automatiques quand la facture se construit directement à partir de la course réalisée. Le kilométrage vient de la géolocalisation, l'horaire de la prise en charge effective, le forfait de la zone du transport : la grille tarifaire n'est plus recopiée, elle est appliquée par l'outil. Le dashboard de régulation SanteMobile se place en amont de cette chaîne : il horodate chaque étape de la course et exporte heures, distance estimée et preuve de dépose en CSV/XLSX vers votre logiciel de facturation, qui applique la grille ; il ne calcule aucun tarif.
Conclusion : la grille tarifaire est devenue un sujet de marge
En 2026, le tarif d'une ambulance CPAM se résume à une formule claire, forfait de départ plus kilométrage à 2,44 € au-delà des kilomètres inclus dans le forfait, à laquelle s'ajoutent valorisation des trajets courts, majorations et abattements. La vraie nouveauté tient à la grille à deux vitesses : la certification, via la géolocalisation et la facturation SEFI, conditionne désormais l'accès au tarif plein, avec un forfait de départ minoré de 20,5 % à la clé. Maîtriser la grille, l'appliquer sans écart et rester dans le régime certifié sont devenus trois leviers de marge à part entière. Les montants cités étant des tarifs conventionnels susceptibles d'évoluer, vérifiez toujours la dernière revalorisation sur ameli.fr avant de paramétrer votre facturation.
Vous voulez des courses horodatées et un export propre pour que votre logiciel de facturation applique le bon tarif ambulance CPAM à chaque course ? Testez gratuitement le dashboard SanteMobile ou découvrez notre plateforme de gestion pour le transport sanitaire, pensée pour organiser vos courses en amont de la facturation.
Écrit par
Équipe SanteMobile
L'équipe SanteMobile regroupe les co-fondateurs impliqués dans la conception, le développement et la conformité de la plateforme SaaS ambulancier.
Aurélien Boulet (profil LinkedIn, nouvel onglet)CEO & Co-fondateur
Mathys Anquetil (profil LinkedIn, nouvel onglet)CTO & Co-fondateur
Théophile Lioppé (profil LinkedIn, nouvel onglet)Co-CTO & Co-fondateur
Questions fréquentes
Une course se compose d'un forfait de départ, compris entre 45,60 € et 71,72 € selon la zone et la certification de l'entreprise, d'un tarif kilométrique de 2,44 € par kilomètre au-delà des 3 premiers kilomètres inclus dans les forfaits départemental et agglomération (dès le premier kilomètre pour la prise en charge), d'une valorisation des trajets courts et d'éventuelles majorations. Depuis le protocole d'octobre 2025, les entreprises certifiées (géolocalisation et facturation SEFI) conservent les tarifs revalorisés de janvier 2025, tandis que les entreprises non certifiées appliquent une grille dont le forfait de départ est minoré de 20,5 %. Ces montants sont les tarifs conventionnels en vigueur, à confirmer à chaque revalorisation sur ameli.fr.
Le total se construit ainsi : forfait de départ (départemental, agglomération ou prise en charge selon la commune) + tarif kilométrique multiplié par la distance, déduction faite des 3 premiers kilomètres inclus dans le forfait départemental ou agglomération + valorisation du trajet court si le trajet fait 19 km ou moins + majorations éventuelles (nuit, dimanche) + un éventuel supplément (urgence, gare, incubateur, non cumulables) + péages, moins les abattements applicables. Le forfait de base est unique par transport : on retient soit le départemental, soit l'agglomération, soit la prise en charge, jamais les trois en même temps.
Depuis le protocole d'octobre 2025, deux grilles coexistent. Une entreprise équipée d'une géolocalisation certifiée et facturant en SEFI garde les tarifs revalorisés du 1er janvier 2025, avec un forfait de prise en charge à 71,72 €. Une entreprise non certifiée applique un forfait de prise en charge à 56,99 €, soit 20,5 % de moins. Le tarif kilométrique reste identique à 2,44 € par kilomètre dans les deux cas, si bien que l'écart sur le total d'une course se resserre à mesure que la distance augmente. La certification protège donc directement le chiffre d'affaires.
La majoration de nuit, de 20 h à 8 h, ajoute 75 % au tarif de jour. Le dimanche et les jours fériés, la majoration est de 50 % en journée (8 h à 20 h) et de 75 % la nuit. S'y ajoute au plus un supplément, non majoré et non cumulable : 21,67 € pour un transport urgent demandé par le centre 15 (Samu), 21,67 € pour une prise en charge en gare, port ou aéroport, ou 10,83 € pour un transport en incubateur. Les péages et frais de stationnement se facturent au réel sur justificatif.
Quand le transport n'est pas pris en charge, l'Assurance Maladie ne rembourse rien : le transport est entièrement à la charge du patient. L'entreprise doit afficher ses prix et remettre une facture ; le réflexe est de demander le prix avant le départ. Un transport n'ouvre droit à remboursement que s'il est prescrit, avant le transport sauf en cas d'urgence, et qu'il entre dans une situation prévue (hospitalisation, état exigeant le décubitus ou une surveillance, ALD exonérante avec incapacité du référentiel, accident du travail, trajet de plus de 150 km ou série d'au moins 4 transports de plus de 50 km après accord préalable). En dehors de ces cas, la convenance personnelle et l'absence de prescription restent à la charge du patient, qui doit en être informé avant le départ.
Le VSL coûte nettement moins cher : un forfait de départ de 10,73 € à 16,80 € selon la zone et la certification et un tarif kilométrique de 0,93 à 1,10 € par kilomètre, contre un forfait de 45 à 72 € et 2,44 € par kilomètre pour l'ambulance. Mais le choix n'est pas commercial : il dépend de l'état du patient et de la prescription médicale. L'ambulance s'impose pour un transport allongé ou surveillé, le VSL pour un patient assis et autonome. Facturer une ambulance là où un VSL suffisait expose à un indu lors d'un contrôle.


