Luxembourg · Facturation · Transport sanitaire
Transport en série CNS au Luxembourg : taux et facture
Transport en série CNS : 100 % sur une base de 39,07 € minimum par déplacement ou 1,29 € par km. Titre, ordonnance, facture et calcul pas à pas.

Sommaire, 13 parties
Au Luxembourg, un transport en ambulance en série est pris en charge par la CNS à 100 % des factures établies sur la base soit d'un minimum de 39,07 € par déplacement, soit de 1,29 € par kilomètre, à condition que l'assuré dispose d'un titre de prise en charge émis par la CNS. Le transport simple, lui, est pris en charge à 70 % sur les mêmes bases. L'attente est comptée 0,31 € par minute, la désinfection 116,19 €, et le taxi en série a sa propre grille (6,56 € minimum, 1,64 € ou 0,82 € par kilomètre selon qu'il s'agit d'une course simple ou d'un aller-retour). Tous ces montants sont publiés sur la page « transport » de la CNS (nouvel onglet), relevée le 28 octobre 2026.
Cet article s'adresse d'abord au gérant d'une entreprise de taxis-ambulances ou d'ambulances agréée par la CNS : la liste publiée par la caisse, valable au 5 octobre 2026, compte une vingtaine d'entreprises. Il intéresse aussi le patient en dialyse, en chimiothérapie ou en radiothérapie qui veut comprendre ce qui est remboursé et ce qu'on attend de lui. On y trouve les règles des statuts de la CNS, les deux bases de calcul, un exemple chiffré pas à pas en ambulance puis en taxi, les mentions obligatoires de la facture et la façon d'organiser une série côté transporteur.
Qu'est-ce qu'un transport en série pour la CNS ?
Le cadre se trouve dans les statuts de la CNS (nouvel onglet), version du 1er janvier 2026, au chapitre 11 « Prestations de transport des malades », articles 132 à 141. L'article 132 pose d'abord la catégorie qui nous intéresse :
« Sont définis comme non-urgents, les transports en ambulance terrestre ou en taxi effectués pour des raisons de soins ou de diagnostic et en dehors d'une situation de détresse vitale. »
À l'intérieur de cette catégorie, le même article distingue le transport simple (paragraphe 4) et le transport en série (paragraphe 5). Dans la pratique des entreprises, la série recouvre les trajets répétés liés à un même traitement : séances de dialyse plusieurs fois par semaine, cures de chimiothérapie, séries de radiothérapie. Ce qui distingue la série du transport simple, pour l'assuré comme pour le transporteur, tient en trois points : le taux (100 % au lieu de 70 % en ambulance), l'exigence d'un titre de prise en charge émis par la CNS, et la possibilité du tiers payant.
Deux précisions de vocabulaire avant d'aller plus loin. D'abord, « non urgent » ne veut pas dire « sans enjeu médical » : il s'agit de transports pour soins ou diagnostic, simplement hors détresse vitale. Ensuite, l'urgence relève d'un autre acteur. Le CGDIS assure l'urgence, et l'exposé des motifs du projet de loi 8180 précise qu'il « n'intervient qu'en cas de carence » pour le non-urgent. Le transport non urgent au Luxembourg repose donc, pour l'essentiel, sur les entreprises privées d'ambulances et de taxis-ambulances agréées.
Quel taux de prise en charge : transport simple ou en série ?
La page « transport » de la CNS fixe les taux et les bases en une phrase pour la série : « Les transports en ambulance en série sont pris en charge à raison de cent pour cent (100%) des factures établies sur la base : soit d'un minimum de trente-neuf euros et sept cents (39,07 €) par déplacement, soit d'un montant d'un euro et vingt-neuf cents (1,29 €) par kilomètre. » Pour le transport simple, la même page retient soixante-dix pour cent (70 %), sur les mêmes montants.
| Transport simple (ambulance) | Transport en série (ambulance) | Taxi en série | |
|---|---|---|---|
| Taux de prise en charge | 70 % | 100 % | Non précisé sur la page relevée |
| Base par déplacement | 39,07 € minimum | 39,07 € minimum | 6,56 € minimum |
| Base kilométrique | 1,29 € par km | 1,29 € par km | 1,64 € par km (course simple) ; 0,82 € par km (aller-retour) |
| Attente | 0,31 € par minute | 0,31 € par minute | 0,28 € par minute |
| Désinfection | 116,19 € | 116,19 € | Non mentionnée |
| Condition | Ordonnance médicale, au plus tard trois jours après le transport si elle n'est pas préalable | Ordonnance (même délai) et titre de prise en charge émis par la CNS | Titre de prise en charge émis par la CNS (série) |
| Tiers payant | Non précisé sur la page relevée | Oui, en remettant le titre de prise en charge au fournisseur agréé | Non précisé sur la page relevée |
Sources : page « transport » de la CNS (nouvel onglet) (relevée le 28/10/2026) ; statuts de la CNS au 01/01/2026 (nouvel onglet), articles 132 à 141.
Comment lire « soit un minimum par déplacement, soit un montant par kilomètre »
La formulation de la CNS combine deux bases. Le montant de 39,07 € est présenté comme un minimum par déplacement : sur un trajet court, c'est lui qui s'applique. Le montant de 1,29 € par kilomètre prend le relais lorsque la distance le rend plus élevé. Le point de bascule se calcule simplement : 39,07 € divisés par 1,29 € donnent environ 30,3 kilomètres. En dessous d'une trentaine de kilomètres retenus pour un déplacement, la base est le minimum de 39,07 € ; au-delà, c'est le kilométrage multiplié par 1,29 €.
Une nuance importante : la CNS parle de « factures établies sur la base » de ces montants. Il s'agit de la base de la prise en charge, c'est-à-dire de ce sur quoi la caisse calcule son intervention. Les sources consultées ne disent pas que ces montants sont des prix imposés au transporteur ; elles décrivent la base sur laquelle la facture est établie pour être prise en charge.
Quelle distance retenir ?
L'article 135 des statuts fixe deux règles. La première est une limite : une « distance maximale de 600 kilomètres à l'aller ». La seconde est un mode de calcul du kilométrage, qui suit le trajet du véhicule depuis sa base : base, lieu d'embarquement du patient, lieu de soins, retour à la base. Pour un transporteur, la conséquence est directe : le kilométrage qui figure sur la facture doit pouvoir être justifié selon ce mode de calcul, et pas seulement par la distance entre le domicile du patient et l'hôpital. Deux entreprises qui transportent le même patient vers le même centre ne parcourent pas la même distance si leurs bases sont éloignées l'une de l'autre ; c'est le trajet effectué selon l'article 135 qui compte.
Faut-il une autorisation préalable de la CNS ?
Pour un transport en série, la réponse de la CNS est formulée ainsi : « l'assuré doit disposer d'un titre de prise en charge émis par la CNS ». L'article 133 des statuts encadre ce titre et le délai de l'ordonnance. Sur ce délai, la page de la CNS est précise : « L'ordonnance médicale, si elle n'est pas préalable au transport, doit être établie au plus tard dans un délai de trois jours à compter du transport. »
Concrètement, la chaîne se déroule en quatre temps :
- Le médecin prescrit le transport, idéalement avant la première course ; à défaut, l'ordonnance doit exister au plus tard trois jours après le transport.
- La CNS émet le titre de prise en charge pour la série. C'est l'assuré qui doit en disposer ; le transporteur peut l'expliquer à son patient, mais ne s'y substitue pas.
- L'assuré remet le titre au fournisseur agréé. La page de la CNS le dit en toutes lettres : il s'agit de « remettre le titre de prise en charge au fournisseur agréé […] pour que le fournisseur puisse demander la prise en charge par la voie du tiers payant ».
- Le fournisseur facture sur la base des montants de la CNS, avec les mentions obligatoires, et demande la prise en charge par le tiers payant.
Le mot « fournisseur agréé » n'est pas une formule de style. L'article 137 des statuts exige que le fournisseur soit agréé par le conseil d'administration de la CNS, et la page « transport » reprend cette exigence (« agréé par le Conseil d'administration de la Caisse nationale de santé »). La liste des entreprises d'ambulances agréées (nouvel onglet), valable au 5 octobre 2026, recense une vingtaine d'entreprises, de l'Ordre de Malte et de la Croix-Rouge à des sociétés de taxis-ambulances du sud du pays (Esch, Kayl, Schifflange, Rodange, Bascharage) et du nord (Mersch, Ettelbruck, Diekirch).
Le taxi en série est-il remboursé ?
Oui, le taxi entre dans le champ : l'article 132 vise les transports non urgents « en ambulance terrestre ou en taxi », et la page de la CNS publie une grille propre au taxi en série. Elle retient un minimum de 6,56 €, 1,64 € par kilomètre pour une course simple, 0,82 € par kilomètre pour une course aller-retour et 0,28 € par minute d'attente.
Deux limites de lecture. D'abord, la page relevée ne précise pas, pour le taxi, le taux de prise en charge (elle le fait pour l'ambulance : 100 % en série, 70 % en simple). Nous ne l'écrivons donc pas : il se vérifie auprès de la CNS. Ensuite, la page ne détaille pas sur quelle distance s'applique le taux aller-retour. On observe seulement que 0,82 € est exactement la moitié de 1,64 € : sur un aller-retour, appliquer 0,82 € aux kilomètres parcourus à l'aller et au retour revient au même montant qu'appliquer 1,64 € à la distance d'un seul trajet. C'est l'hypothèse retenue dans l'exemple ci-dessous, à confirmer auprès de la caisse.
Pour le patient, l'intérêt du taxi est évident dans une série de dialyse ou de radiothérapie lorsque son état permet la position assise sans surveillance particulière. Pour le transporteur, c'est une activité distincte, avec ses propres montants de base et son propre véhicule à déclarer sur la facture (la plaque minéralogique en fait partie).
Exemple chiffré : une séance de dialyse, 2 × 18 km
Prenons un cas courant. Un patient se rend à sa séance de dialyse et en revient le même jour. Hypothèse : le kilométrage retenu selon le mode de calcul de l'article 135 est de 18 km pour l'aller et de 18 km pour le retour, et chaque trajet compte comme un déplacement. L'assuré dispose d'un titre de prise en charge pour la série. Les montants ci-dessous sont des bases de prise en charge publiées par la CNS, pas un tarif imposé au transporteur.
En ambulance, transport en série
- Aller, base kilométrique : 18 km × 1,29 € = 23,22 €. C'est inférieur au minimum de 39,07 € par déplacement : la base retenue pour l'aller est donc 39,07 €.
- Retour, même calcul : 18 km × 1,29 € = 23,22 €, inférieur au minimum : base de 39,07 €.
- Total de la séance : 39,07 € + 39,07 € = 78,14 €.
- Taux de la série : 100 %. La prise en charge porte donc sur 78,14 €, que le transporteur demande par la voie du tiers payant une fois le titre remis.
- Si l'équipage attend sur place (hypothèse : 15 minutes à la sortie du centre), l'attente s'ajoute sur la base de 0,31 € par minute : 15 × 0,31 € = 4,65 €.
Pour comparaison, le même trajet facturé en transport simple serait pris en charge à 70 % : 78,14 € × 70 % = 54,70 € (arrondi au centime). L'écart avec la série illustre pourquoi le titre de prise en charge compte autant pour le patient.
Et si le centre de soins était plus loin ? Avec 45 km retenus par déplacement, la base kilométrique (45 × 1,29 € = 58,05 €) dépasse le minimum : c'est elle qui s'applique, soit 116,10 € pour l'aller et le retour. Le point de bascule se situe, on l'a vu, vers 30,3 km.
En taxi, transport en série
- Course aller-retour : 36 km parcourus en charge (18 km à l'aller, 18 km au retour).
- Base kilométrique aller-retour : 36 km × 0,82 € = 29,52 €. On retrouve le même résultat avec le taux simple appliqué à un seul trajet : 18 km × 1,64 € = 29,52 €.
- Minimum : 6,56 €. La base kilométrique est supérieure, elle s'applique.
- Attente éventuelle (hypothèse : 15 minutes) : 15 × 0,28 € = 4,20 €.
- Taux : non précisé sur la page relevée pour le taxi ; à vérifier auprès de la CNS.
Si les deux trajets étaient faits comme deux courses simples séparées (par exemple avec deux chauffeurs différents), chacun serait calculé à 1,64 € par kilomètre : 18 × 1,64 € = 29,52 € par trajet. La distinction entre course simple et course aller-retour change donc fortement la base ; elle doit être claire dans l'organisation de la série et sur la facture.
Ce que l'exemple ne dit pas
L'exemple ne fixe pas un prix de vente. Il montre la base sur laquelle la CNS établit la prise en charge, avec deux hypothèses explicites (18 km retenus par déplacement, taux aller-retour du taxi appliqué aux kilomètres parcourus). La désinfection (116,19 €) n'apparaît pas dans un trajet ordinaire ; elle figure dans la grille de la CNS comme un montant distinct, à facturer lorsqu'elle a lieu.
Que doit mentionner la facture d'un transport CNS ?
La page de la CNS énumère les mentions que la facture doit porter : « le nom de l'entreprise, la plaque minéralogique du véhicule utilisé, la date et l'heure de la course, les lieux de départ et d'arrivée, le kilométrage et le prix facturé ». Il n'existe pas de télétransmission : la facture circule avec ses pièces, et c'est leur cohérence qui fait la prise en charge.
| Ce que la facture doit mentionner (CNS) | Où le transporteur trouve l'information |
|---|---|
| Nom de l'entreprise | Identité de l'entreprise agréée, telle qu'elle figure sur la liste de la CNS |
| Plaque minéralogique du véhicule utilisé | Affectation du véhicule à la course (ambulance ou taxi effectivement parti) |
| Date et heure de la course | Planning de la série et heure réelle de prise en charge relevée par l'équipage |
| Lieux de départ et d'arrivée | Adresse du patient et du centre de soins, inscrites dans la course |
| Kilométrage | Relevé du compteur ou trajet base, embarquement, soins, retour base (article 135) |
| Prix facturé | Calcul sur les bases de la CNS (minimum par déplacement ou montant par kilomètre, attente, désinfection) |
Source : page « transport » de la CNS (nouvel onglet), relevée le 28/10/2026 ; article 135 des statuts de la CNS (nouvel onglet).
Trois mentions posent le plus souvent problème. La plaque d'abord : dans une flotte où l'on change de véhicule en cours de journée, la plaque prévue au planning n'est pas toujours celle qui a roulé. L'heure ensuite : une heure de rendez-vous n'est pas une heure de course ; il faut l'heure réelle. Le kilométrage enfin : le calcul de l'article 135 part de la base, ce qu'un simple itinéraire domicile-hôpital ne reflète pas.
Organiser une série côté transporteur
Une série bien organisée se facture sans effort ; une série mal organisée se reconstitue en fin de mois, avec des trous. Voici les cinq points qui font la différence.
1. La récurrence : planifier la série, pas chaque course
Une dialyse trois fois par semaine, c'est une douzaine de séances par mois pour un seul patient, donc deux fois plus de trajets, aller et retour. Ressaisir chaque course à la main multiplie les erreurs d'adresse et d'heure. La bonne pratique consiste à décrire la série une fois (jours actifs, heure d'arrivée au centre, adresses, type de véhicule) et à générer les courses à partir de ce modèle, en gérant les exceptions : séance déplacée, hospitalisation, jour férié. Pour le même sujet vu de France, où la logique de série existe aussi avec d'autres règles de prescription, voir notre article sur la gestion des transports récurrents de dialyse et de chimiothérapie.
2. Le titre de prise en charge : le conserver avec la série
Le titre émis par la CNS est la clé du tiers payant. Il doit être remis au fournisseur agréé, et c'est lui qui permet de demander la prise en charge. Côté organisation, il faut savoir à tout moment quel patient dispose d'un titre, pour quelle série, et le rattacher aux courses correspondantes. Une série qui démarre sans titre doit être signalée tôt au patient : c'est la remise du titre qui permet au fournisseur de demander le tiers payant. Et si l'ordonnance n'a pas précédé la première course, elle doit être établie au plus tard trois jours après.
3. Le kilométrage : le justifier
Le kilométrage figure sur la facture et l'article 135 en fixe le mode de calcul. Il faut donc pouvoir montrer d'où vient le chiffre : relevé du compteur, base de départ du véhicule, ordre des embarquements. Si un même véhicule enchaîne deux patients d'une même série, le kilométrage de chacun doit rester cohérent avec le trajet réellement effectué.
4. Le temps d'attente : l'horodater
L'attente est valorisée à la minute (0,31 € en ambulance, 0,28 € en taxi). Une minute d'attente se prouve par deux heures : l'arrivée et le départ. Sans horodatage au moment où les choses se passent, l'attente se déclare de mémoire, ce qui est à la fois imprécis et difficile à défendre.
5. La preuve de prise en charge et de dépose
La facture mentionne la date, l'heure et les lieux. La meilleure façon de les tenir est de les relever pendant la course : heure de prise en charge au domicile, heure de dépose au centre, et, au retour, l'inverse. Une confirmation de dépose par le patient, ou à défaut une signature, donne à l'entreprise un dossier solide si une question se pose plus tard sur une course.
Combien pèse le transport non urgent privé au Luxembourg ?
Le marché est petit et concentré. L'exposé des motifs du projet de loi 8180 (nouvel onglet) chiffre la dépense de la CNS pour les ambulances privées, hors transport intra-hospitalier, à 1,65 million d'euros en 2019, 1,76 million en 2020 et 2,03 million en 2021. Rapportée à une vingtaine d'entreprises agréées, cette dépense donne l'ordre de grandeur d'un marché de petites entreprises.
Cette progression explique en partie l'intérêt du législateur pour le secteur. Elle montre aussi que la série (dialyse, oncologie) est un pilier d'activité : ce sont des trajets prévisibles, répétés, et pris en charge à 100 % en ambulance lorsque le titre existe.
Le projet de loi 8180 : ce qui pourrait changer
Le dossier parlementaire 8180 (nouvel onglet) porte sur un « Projet de loi fixant les conditions relatives à l'organisation des transports sanitaires terrestres non urgents ». Il a été déposé le 22 mars 2023 par Paulette Lenert. Au 28 octobre 2026, son statut est « En commission » ; la dernière étape enregistrée est l'avis du Conseil d'État du 11 mars 2025, après les avis de la Chambre des Métiers (26/05/2023), de la Chambre des Salariés (14/06/2023), de la CNPD (23/02/2024) et de la Chambre de Commerce (20/01/2025), et le renvoi à la Commission de la Santé et de la Sécurité sociale (24/11/2023). Aucun amendement, aucun rapport, aucun vote n'est enregistré : il s'agit d'un projet de loi, pas d'une loi en vigueur.
Le texte déposé (nouvel onglet) prévoit notamment :
- Deux catégories de véhicules. Le « véhicule sanitaire terrestre », du type ambulance, « aménagé pour le transport en position demi-assise ou allongée » ; et le « véhicule sanitaire léger », « autre qu'un taxi », conçu pour le transport « d'un patient en position assise qui ne nécessite pas de surveillance médicale particulière ».
- Un agrément ministériel. Délivré par « le ministre ayant la santé dans ses attributions », il aurait « une durée de validité maximale de cinq ans » et serait « renouvelable » ; il perdrait sa validité par le non-usage pendant plus de deux ans.
- Des exigences d'équipage et de formation propres à chaque type de véhicule, ainsi que des taxes d'instruction et une taxe annuelle.
Pour un gérant, la lecture prudente est la suivante : aujourd'hui, la relation avec la CNS passe par l'agrément du conseil d'administration de la caisse (article 137 des statuts). Si le projet de loi aboutit, un agrément ministériel s'y ajouterait, avec des règles de véhicule et d'équipage. Rien de cela n'est en vigueur au 28 octobre 2026.
Et ailleurs : Belgique et France en une phrase chacune
En Belgique voisine, la logique est différente : pas de caisse unique, mais des tarifs maxima ou des forfaits fixés selon la région et une intervention propre à chaque mutualité, comme le détaille notre article sur les tarifs du transport médico-sanitaire en Belgique en 2026. En France, la série existe aussi, mais elle repose sur la prescription médicale et la télétransmission vers l'Assurance maladie, alors qu'au Luxembourg le dossier tient dans une facture et ses pièces, titre de prise en charge compris.
Les erreurs les plus fréquentes sur une série CNS
- Démarrer une série sans vérifier le titre. Le tiers payant repose sur sa remise au fournisseur agréé ; sans titre, le fournisseur ne peut pas le demander.
- Confondre heure de rendez-vous et heure de course. La facture demande la date et l'heure de la course, pas l'heure prévue.
- Facturer la distance domicile-hôpital alors que l'article 135 calcule le kilométrage depuis la base du véhicule.
- Oublier l'attente, ou la déclarer sans horodatage.
- Ne pas distinguer course simple et course aller-retour en taxi, alors que la base kilométrique passe de 1,64 € à 0,82 € par kilomètre.
- Mal noter la plaque lorsque le véhicule a changé en cours de journée.
- Laisser filer le délai de l'ordonnance : au plus tard trois jours après le transport si elle n'est pas préalable.
Ce qu'un logiciel de régulation apporte ici (et ce qu'il n'apporte pas)
SanteMobile est un logiciel de régulation pour sociétés d'ambulances : planning, affectation des équipages, application équipage, application patient gratuite, exports CSV/XLSX. Sur une série CNS, il sert à organiser les courses et à collecter ce que la facture devra mentionner.
Les courses récurrentes se décrivent une fois dans un modèle (jours actifs, heure d'arrivée au rendez-vous) et se génèrent automatiquement, avec mise en pause et date de reprise lorsqu'une série s'interrompt. Chaque course garde sa progression horodatée et une preuve de dépose : confirmation par le patient, ou à défaut signature ou attestation de l'équipage, horodatée. L'export CSV/XLSX reprend les courses à plat pour alimenter votre logiciel de facturation ou votre comptable. Pendant chaque course, de « En route » à la dépose, l'application de l'équipage partage la position du téléphone avec le régulateur et le patient ; aucune position hors course, seule la dernière est conservée. Le kilométrage facturé reste celui de vos relevés.
Ce que SanteMobile ne fait pas : aucun lien avec la CNS, aucune facture, aucune donnée médicale (ni prescription, ni motif de transport, ni matricule). Le titre de prise en charge se gère hors du logiciel. Données hébergées en France (VPS), sauvegardes en Europe (Cloudflare R2, Europe de l'Ouest). Gratuit pendant la bêta. Le tarif de sortie, un forfait mensuel selon la taille de votre flotte, sera communiqué aux membres de la bêta avant toute facturation.
Pour le détail côté Luxembourg, voir notre page logiciel ambulance au Luxembourg ; les entreprises qui travaillent aussi de l'autre côté de la frontière trouveront l'équivalent sur la page logiciel ambulance en Belgique. L'application équipage et l'application patient sont présentées sur la page application mobile.
En résumé
- Le transport en ambulance en série est pris en charge par la CNS à 100 %, le transport simple à 70 %, sur la base de 39,07 € minimum par déplacement ou 1,29 € par kilomètre ; attente 0,31 € par minute, désinfection 116,19 €.
- Le taxi en série a sa grille : 6,56 € minimum, 1,64 € par km en course simple, 0,82 € par km en aller-retour, 0,28 € par minute d'attente.
- La série exige un titre de prise en charge émis par la CNS ; remis au fournisseur agréé, il ouvre le tiers payant. L'ordonnance doit exister au plus tard trois jours après le transport.
- La facture mentionne le nom de l'entreprise, la plaque, la date et l'heure, les lieux, le kilométrage et le prix ; pas de télétransmission.
- Le kilométrage suit l'article 135 (base, embarquement, soins, retour base), avec un maximum de 600 km à l'aller.
- Le projet de loi 8180 (agrément ministériel de cinq ans, véhicules sanitaires terrestres et légers) est toujours en commission au 28 octobre 2026.
Écrit par
Équipe SanteMobile
L'équipe SanteMobile regroupe les co-fondateurs impliqués dans la conception, le développement et la conformité de la plateforme SaaS ambulancier.
Aurélien Boulet (profil LinkedIn, nouvel onglet)CEO & Co-fondateur
Mathys Anquetil (profil LinkedIn, nouvel onglet)CTO & Co-fondateur
Théophile Lioppé (profil LinkedIn, nouvel onglet)Co-CTO & Co-fondateur
Questions fréquentes
Les statuts de la CNS distinguent, parmi les transports non urgents, le transport simple et le transport en série (article 132 des statuts au 1er janvier 2026). Est non urgent un transport en ambulance terrestre ou en taxi effectué pour des raisons de soins ou de diagnostic, en dehors d'une situation de détresse vitale. Le transport en série concerne des trajets répétés pour un même traitement, typiquement la dialyse, la chimiothérapie ou la radiothérapie. Sa particularité pratique : l'assuré doit disposer d'un titre de prise en charge émis par la CNS.
Le transport en ambulance en série est pris en charge à 100 % des factures établies sur la base soit d'un minimum de 39,07 € par déplacement, soit de 1,29 € par kilomètre. Le transport simple est pris en charge à 70 % sur les mêmes bases. L'attente est comptée 0,31 € par minute et la désinfection 116,19 €. Ces montants figurent sur la page « transport » de la CNS relevée le 28 octobre 2026.
Pour une série, l'assuré doit disposer d'un titre de prise en charge émis par la CNS. L'ordonnance médicale, si elle n'est pas préalable au transport, doit être établie au plus tard dans un délai de trois jours à compter du transport. Le titre est ensuite remis au fournisseur agréé, qui peut alors demander la prise en charge par la voie du tiers payant. En pratique, le transporteur a donc intérêt à vérifier l'existence du titre avant la première course de la série.
Les statuts de la CNS visent les transports non urgents en ambulance terrestre ou en taxi, et la page « transport » de la CNS fixe des montants propres au taxi en série : 6,56 € minimum, 1,64 € par kilomètre pour une course simple, 0,82 € par kilomètre pour une course aller-retour et 0,28 € par minute d'attente. Le fournisseur doit être agréé par le conseil d'administration de la CNS. La page relevée ne précise pas le taux appliqué au taxi : il se vérifie auprès de la CNS.
Selon la CNS, la facture mentionne le nom de l'entreprise, la plaque minéralogique du véhicule utilisé, la date et l'heure de la course, les lieux de départ et d'arrivée, le kilométrage et le prix facturé. Il n'existe pas de télétransmission : la facture circule avec ses pièces, dont le titre de prise en charge pour une série. Une mention manquante se rattrape mal après coup, d'où l'intérêt de collecter ces informations pendant la course.


